2011 : Colloque de Saly Portudal – Mbour au Sénégal

Éducation technologique, formation professionnelle et égalité des chances

Ibrahima Wade, Jacques Ginestié, Alioune Diagne, Jean Sylvain Bekale Nze éditeurs

Sous le patronage de Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle de la République du Sénégal

Partenaires

Le troisième colloque du RAIFFET a eu lieu à Saly Portudal (Sénégal) du 24 au 26 octobre 2011, sous le haut patronage de Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle de la République Sénégalaise. Il a été réalisé grâce à l’aide et aux financements des partenaires suivants :

  • Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle Dakar
  • Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture
  • Bureau Régional pour l’Éducation en Afrique de l’UNESCO Dakar
  • Agence luxembourgeoise pour la Coopération au Développement Dakar
  • Association pour la Promotion de l’Éducation et de la Formation à l’Étranger Dakar
  • Université Cheikh Anta Diop de Dakar Dakar
  • École Normale Supérieure d’Enseignement Technique et Professionnel Dakar
  • Aix-Marseille Université Marseille IUFM Aix-Marseille Marseille
  • Lucas-Nülle – Apprentissage en Technologie Kerpen (RFA)

Le colloque a réuni plus de cent participants représentants des institutions de formation de formateurs de l’enseignement technique de douze pays différents : Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, France, Gabon, Ghana, Niger, Nigéria, Maroc, Sénégal, Tunisie.

Comité scientifique

Président

  • Pr. Jacques Ginestié IUFM d’Aix-Marseille – Marseille France

Membres

  • Pr. Virginie Albe ENS de Cachan – Paris France
  • Dr. Jean Sylvain Bekale Nze MES – Libreville Gabon
  • Pr. Ahmed Ben Cheikh Larbi ESST – Tunis Tunisie
  • Dr. Émile Bih IPNETP – Abidjan Côte d’Ivoire
  • Dr. Adel Bouras ISEFC – Tunis Tunisie
  • Pr. Mortalla Diallo ENSETP – Dakar Sénégal
  • Dr. Jean Baptiste Gbongué IPNETP – Abidjan Côte d’Ivoire
  • Pr. Babacar Gueye FASTEF – Dakar Sénégal
  • Pr. Bernard Hostein IPNETP – Abidjan Côte d’Ivoire
  • Mr Hervé Huot-Marchand UNESCO – BREDA – Dakar Sénégal
  • Mr Samuel Mezui M’Obiang ENSET – Libreville Gabon
  • Dr. Christian Mouity ENSET – Libreville Gabon
  • Pr. Paul N’Da ENS – Abidjan Côte d’Ivoire
  • Dr. Ahogni Nicola N’Gbala Université Cocody – Abidjan Côte d’Ivoire
  • Dr. Ernestine Ngo Melha Université de Bourgogne – Dijon France
  • Dr. George Provençal Tema Technical Institute – Tema Ghana
  • Pr. Mourad Taha Janan ENSET – Rabat Maroc
  • Pr. Rodolphe Toussaint Uni. Québec – Trois-Rivières Canada
  • Pr. Ibrahima Wade ENSETP – Dakar Sénégal

Comité d’organisation

  • Ibrahima Wade  Président
  • Alioune Diagne Vice-président
  • Yacine Cisse Secrétariat

Membres du comité d’organisation

  • Sylvain Luc Agbanglanon
  • Lamine Badji
  • Abdou Boye Lo
  • Marième Mbacke Boye
  • Baba Dièye Diagne
  • Fatou Diagne
  • Maty Dia Diallo
  • Aliou Diouf
  • Babacar Diouf
  • Maimouna Fadiga
  • Youssoupha Gueye
  • Aminata Ka
  • Ibrahima Ndiaye
  • Boubacar Traore

Rapport final du colloque

Introduction

Ce rapport est élaboré par un pool de rapporteurs dont Babacar Diouf (rapporteur général), Bamba Ngom, Françoise Daxhelet, Youssoupha Gueye, Sylvain Agbanglanon, Baba Dièye Diagne et Alioune Diouf (rapporteurs d’ateliers).
Placé sous la présidence de Monsieur Moussa Sakho, Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle du Sénégal avec la présence effective de Monsieur Saliou Ndiaye, recteur et président de l’Assemblée de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, le troisième colloque international du RAIFFET a été axé sur le thème : Éducation Technologique, Formation Professionnelle et égalité des chances. L’organisation de ce colloque confiée à l’ENSETP de Dakar a été réalisée en collaboration avec d’autres partenaires. L’hôtel Savana Saly (Mbour – Sénégal) a abrité le colloque du 24 au 26 Octobre 2011. Ont participé à cette grande rencontre scientifique environ une centaine de participants dont des représentants d’organisations internationales, des chercheurs en éducation et en didactique des disciplines, des personnels chargés de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, des étudiants, des institutions de formation de formateurs. Les participants viennent de deux continents représentés par vingt pays.

Cérémonie d’ouverture

La cérémonie d’ouverture a enregistré les allocutions prononcées par les personnalités suivantes :

  • Monsieur Ibrahima Wade, Directeur de l’ENSETP, Président du comité d’organisation
  • Monsieur Jacques Ginestié, Président du Comité scientifique
  • Monsieur Jean Sylvain Bekale Nze, Président du RAIFFET
  • Monsieur Hervé Huot Marchand, représentant de l’UNESCO / BREDA
  • Monsieur Saliou Ndiaye, Recteur et Président de l’assemblée de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar
  • Monsieur Moussa Sakho, Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle du Sénégal

Tous les intervenants ont noté dans leur discours, l’intérêt tout particulier que revêt l’égalité des chances pour une éducation technologique et une formation professionnelle pour un monde plus juste et plus équitable. L’importance du RAIFFET a été saluée pour sa posture de recherche et de force de proposition. Il constitue un ferment non négligeable pour une réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle en Afrique.
À la suite de l’ouverture officielle, les travaux scientifiques du colloque se sont déroulés sous forme de séances plénières et de travaux en ateliers.

Les séances plénières

Quatre séances plénières au total ont été réalisées.

La première plénière a permis d’introduire le thème de ce colloque à partir de la conférence introduite par Jacques Ginestié intitulée « égalité des chances : vers un monde plus juste ».

La deuxième plénière a permis aux participants d’échanger sur, d’une part, le RAIFFET, évolutions et implications et, d’autre part, sur la constitution d’un réseau Unitwin et de chaires UNESCO en « Éducation Scientifique et Technologique et Formation des Enseignants ». Concernant le premier point, il a été noté la nécessité de restructurer le réseau et d’accroitre son rayonnement. À ce niveau il a été souhaité davantage d’implication de la part des institutions. Quant à la diversification des activités du réseau il a été évoqué la rareté des ressources comme obstacle essentiel d’autant plus que les ambitions ne manquent pas. Comme deuxième point, il a été abordé l’importance et la nécessité de disposer d’une chaire en « Éducation Scientifique et Technologique et Formation des Enseignants » en rapport avec le réseau Unitwin et la chaire UNESCO. Entre autres mesures, il est retenu la création d’un répertoire des compétences en termes de ressources humaines du réseau et la relance de la production de l’ouvrage collectif.

La troisième plénière a permis de conduire une réflexion sur les cadres de certification à partir de la présentation croisée conduite par les représentants du PNUD et ceux de l’UNESCO-BREDA. Les différents axes de réflexion ont porté sur une des réponses des Nations-Unies pour revitaliser l’ETFP dans les pays de la zone CEDEAO. Cette réponse part d’un mécanisme partenarial sous régional basé sur un « processus pays » dont la recommandation principale est la mise sur pied d’une force d’intervention inter agences (IATT). Par ailleurs, il a été présenté un projet de mise en place de cadres nationaux et régionaux de certification, dans les pays de la CEDEAO, appuyé par la force d’intervention inter agences (IATT). Enfin la nécessité de mobiliser l’expertise du RAIFFET a été soulignée dans une perspective d’accompagnement scientifique et technique des problématiques évoquées.

La quatrième plénière a permis d’organiser une rencontre entre les directeurs d’institutions qui s’est déroulée en marge des activités préprogrammées. Cette rencontre a permis d’échanger sur l’organisation et le fonctionnement du RAIFFET en approfondissement de la deuxième plénière. Cette rencontre a permis de tirer quelques conclusions. Les participants se sont accordés sur la nécessité d’une réorganisation et d’un renforcement du réseau. Dans ce sens, il est demandé à chaque institution de matérialiser son engagement formel à travers la signature d’une convention qui sera finalisée et envoyée à toutes les institutions. Cet engagement sera aussi matérialisé par le versement d’une cotisation annuelle dont la fourchette est comprise entre 100 et 1500 euros. Ces sommes seront destinées au fonctionnement du réseau. Le bureau à mettre en place devra être composé, dans la mesure du possible, de tous les responsables d’institutions. Il a été aussi décidé la désignation de points focaux RAIFFET dans toutes les institutions. À propos de la mise en place d’un réseau UNITWIN de pôles d’excellence, il est retenu le regroupement en pôles d’excellence d’un certain nombre d’institutions. Il est prévu à cet effet de demander leur agrément auprès de l’UNESCO. Dans ce sens les pôles suivants ont été identifiés : ENSETP (Dakar), ENSET(Rabat), ENSET(Libreville), IPNETP (Côte d’Ivoire), ISEFC (Tunis), ENSUK (Koudougou).

Les travaux d’atelier

La seconde stratégie de mise en oeuvre des travaux scientifiques du colloque a consisté à organiser des ateliers au sein desquels des communications sont faites. Ainsi, trente et une communications ont été présentées dans quatre ateliers.

Atelier 1 : La prise en compte de l’égalité des chances par les pays et les institutions

Il a permis des échanges entre participants autour des onze problématiques suivantes :

  • Quelles éducations et formations en sciences et technologie pour exercer quelle(s) citoyenneté(s) ?
  • Attrait de la voie professionnelle pour des élèves de 3e de collège ;
  • Égalité des chances à l’école et politiques éducatives d’inclusion en Afrique subsaharienne : de la rhétorique à la pratique ;
  • Formation professionnelle et égalité des chances ;
  • L’égalité filles-garçons à l’égard de la technologie : ce que nous en disent les curriculums européens ;
  • Le diplôme comme déterminant de la satisfaction au travail des enseignants ;
  • L’éducation aux langues : discours et pratiques ;
  • Réforme curriculaire et égalité des chances : l’exemple de l’APC ;
  • La construction de l’espace éducatif et l’éducation non formelle ;
  • Développement des capacités humaines pour la gestion des risques et les pratiques de sécurité dans les domaines de télécommunications au Nigéria ;
  • Les systèmes de certification par le conseil national de l’enseignement professionnel au Ghana.

Atelier 2 : Le développement de l’égalité des chances par la démocratisation de l’accès à l’éducation pour tous

Six problématiques ont été débattues :

  • L’enseignement-apprentissage du concept de RDM aux élèves de terminale de la section sciences et techniques en Tunisie : influence de la nature de la formation universitaire accomplie par les enseignants de mécanique sur leurs pratiques ;
  • L’amélioration de l’efficacité externe des dispositifs au travers d’un cas de dispositif de coaching destiné à professionnaliser les formateurs de formateurs de l’ENSETP de Dakar ;
  • La FOAD solution alternative pour la régulation de l’offre de formation générale professionnelle et technique ;
  • Pratiques enseignantes et proximité environnementale pour une égalité des chances dans les apprentissages en classe technologique et professionnelle au Gabon ;
  • La certification des compétences informatiques : le C2i 2e (certificat informatique, internet niveau 2 enseignant) avec l’IUFM d’Aquitaine ;
  • Le dispositif de formation des enseignants de l’enseignement et de la formation technique et professionnelle à l’École normale supérieure de l’Université de Koudougou.

Atelier 3 : Formation professionnelle et développement de l’égalité des chances d’insertion sociale

Autour de sept problématiques, cet atelier a travaillé sur les aspects suivants :

  • Formation professionnelle féminine au Sénégal : l’expérience du projet d’appui à la formation professionnelle féminine ;
  • Le développement des compétences dans la formation en alternance par l’activité professionnelle liées au MITA (Monteur en Isolation Thermique et Acoustique) dans les activités scolaires ;
  • Femmes sur le marché du travail. L’autre relation formation-emploi des stagiaires des métiers de l’imprimerie (Projet Régional CIADFOR-Gabon) ;
  • La promotion de l’égalité des chances en insertion socioprofessionnelle en République Centrafricaine ;
  • Formations professionnelles et égalité des chances d’insertion sociale : les cas des CETF du Sénégal ;
  • Travailler autrement pour former à un métier et ouvrir des perspectives : une illustration avec la filière hygiène et environnement d’un lycée professionnel français ;
  • AIFPA, une expérience pertinente de l’égalité des chances d’insertion sociale en Afrique subsaharienne. Le cas de la Côte d’Ivoire.

Atelier 4 : Accéder à un métier au travers d’un dispositif d’EFTP

Cette entrée, composée de sept problématiques a permis d’aborder les questions suivantes :

  • les métiers liés au bois : une chance d’accès à l’économie réelle ;
  • la Médiation des simulateurs pour l’apprentissage de l’activité de diagnostic : cas des élèves des classes de 1e baccalauréat professionnel MVA du lycée Fréderic Mistral de Marseille ;
  • le projet « maison-école » au Congo-Brazzaville ;
  • la problématique de l’orientation et de la statistique dans le système éducatif : cas de la Centrafrique ;
  • La formation au département technologie à l’ISEFC. Des processus unifiés pour des professions multiples. L’énigme des objectifs de formation et des professionnalités envisagées ;
  • Les réalités de la transposition de modèles éducatifs français. Cas des classes préparatoires scientifiques de Libreville ;
  • Apprentissage et égalité des chances dans une refondation du système éducatif malien.

Éléments de débats

Les discussions à travers les ateliers ont permis de mettre en exergue les aspects suivants :

  • Le rôle que doit jouer l’éducation en général pour favoriser une égalité des chances dans l’amélioration de la qualité de la vie ;
  • La problématique de la construction des savoirs ;
  • L’organisation des curricula dans une perspective dynamique et systémique dans l’ETFP ;
  • Le lien existant entre l’éducation et la formation professionnelle ;
  • La problématique de l’orientation scolaire et professionnelle ;
  • Les questions épistémologiques et didactiques liées à la formation des formateurs ;
  • La problématique des langues d’apprentissage ;
  • La question de l’ergonomie du travail ;
  • La nécessaire contextualisation des projets et interventions diverses en Afrique ;
  • Les opportunités offertes par la FOAD en termes d’égalité des chances pour une rationalisation des moyens humains, matériels et financiers ;
  • Les questions liées à la certification dans l’éducation et la formation professionnelle ;
  • La nécessité d’engager pour les enseignants des processus de déconstruction-reconstruction par le biais de la formation universitaire permanente : la centralité de la recherche-action.

La cérémonie de clôture

La cérémonie de clôture a enregistré, en plus de la lecture du rapport final, les allocutions des personnalités ci-après :

  • Monsieur Jacques Ginestié, Président du Comité scientifique,
  • Monsieur Hervé Huot Marchand, représentant de l’UNESCO-BREDA,
  • Monsieur Ibrahima Wade, Directeur de l’ENSETP, Président du comité d’organisation,
  • Monsieur Jean Sylvain Bekale Nze, Président du RAIFFET.

Après les remerciements des participants et des différents partenaires, les intervenants ont tous exprimé leur satisfaction quant à l’engagement des participants et pour la valeur scientifique des communications faites. La participation des anglophones a été relevée avec insistance avant de noter l’intérêt de s’ouvrir à d’autres communautés linguistiques pour un enrichissement mutuel en termes d’élargissement des échanges.
Au-delà de ces remerciements, les autres aspects des discours enregistrés à la clôture peuvent être perçus comme des orientations à travers les axes suivants :

  • réfléchir sur la création d’une fondation ;
  • dégager des perspectives de collaboration avec l’IRD ;
  • engager une réflexion sur le rôle et la place des enseignants dans l’établissement pour plus de justice sociale (voir dans quelle mesure cette problématique pourrait alimenter la thématique générale du prochain colloque) ;
  • aller vers une meilleure structuration des institutions pour prendre davantage en compte la recherche et permettre aux jeunes d’être formés à la recherche et pour la recherche. D’ailleurs, c’est dans ce sens qu’il faut comprendre le souhait de voir le RAIFFET prendre en charge la mobilité des enseignants membre du RAIFFET.

Ouverture du colloque

Ibrahima Wade Président du Comité d’Organisation Directeur de l’ENSETP Dakar (Sénégal)

Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Monsieur le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, Monsieur le Président du RAIFFET, Monsieur le Coordonnateur du Comité Scientifique du RAIFFET, Mesdames Messieurs les Directeurs d’Écoles Normales de la sous-région, Messieurs les Directeurs des Services Nationaux, Messieurs les Représentants des Institutions partenariales, Mesdames, Messieurs les participants, Honorables invités. Comme tout bon croyant, je ne saurai commencer sans remercier d’abord Dieu Tout Puissant et Miséricordieux qui nous a permis d’honorer nos engagements avec la présente tenue de ce colloque sur « Éducation Technologique, la Formation Professionnelle et Égalité des chances ». Pour rappel, ce colloque, prolongement des réflexions entamées à Libreville (2005) et poursuivies à Tunis (2007), devait initialement se tenir en Côte d’Ivoire au courant de l’année 2010. Suite au demeurant à deux reports successifs (mars et octobre 2010) singulièrement liés à la situation politique qui prévalait dans ce pays, le Bureau Exécutif en accord avec le Comité d’Organisation, avait décidé de délocaliser le colloque, et le Sénégal fut unanimement choisi pour l’abriter et l’ENSETP pour en assurer l’organisation ; nous étions au mois de février de l’an en cours.

Préparer un colloque en six mois, quelle gageure ! bien mieux, cela relevait même comme disaient certains de la témérité ; (mot du recteur) l’on sait en effet, qu’il faut au moins deux années fermes pour la préparation d’un événement aussi majeur qu’une rencontre de cette nature qui regroupe près d’une centaine de personnes venant d’une vingtaine de pays. Si nous y sommes parvenus de par la grâce de Dieu certes, c’est aussi au prix d’efforts et de sacrifices renouvelés. En effet, des vicissitudes, tumultes, heurts et lueurs nous en avons connus pendant cette année ; mais comme toute société organisée, nous les avons dépassés en puisant chaque fois, dans nos élans de générosité respectifs et dans nos communes volontés de construction et de gestion d’un événement arrivé aujourd’hui à maturité. Et si nous y sommes parvenus, c’est parce que nous partageons, personnels ATOS, étudiants, professeurs et administration, l’idéal de l’excellence et de la qualité qui demeure pour nous tous comme objet d’un combat et d’une détermination toujours renouvelée.

Mesdames Messieurs, je serais le moins inspiré des pilotes si je ne m’arrêtais pas, l’espace d’un instant pour remercier vivement et féliciter l’ensemble de mes collaborateurs quin’auront ménagé ni leurs efforts, ni leur savoir-faire pratique, et, cerise sur le gâteau, ni leur poche pour parvenir à ce résultat. (Je dois vous révéler, mais à leur corps défendant, que tous les enseignants ont fait volontairement une souscription de 100 000 FCFA, l’équivalent de 150 € pour préparer et accompagner l’évènement ; et cela a permis croyez-moi, d’assurer le transport de quelques collègues, participants africains. Je ne fermerai pas la parenthèse sans faire une mention spéciale aux membres du comité d’organisation à pied d’oeuvre depuis le premier jour sous la houlette de Monsieur Alioune Diagne Directeur des Études et Commissaire attitré du Colloque. Aux deux Alioune, à mes chères dames : Maty, Aminata et Yacine ; à vous : Youssou et Baba, Babacar, Sylvain, Lô, Mbacké et Kane, bref à toute la famille ENSETP, trouvez ici l’expression de notre profonde reconnaissance.

Mes remerciements également vont à l’endroit d’un partenaire que je qualifierai de stratégique parce que toujours présent et toujours égal à lui-même je veux parler de l’IUFM d’Aix Marseille et à travers lui notre collègue et ami Jacques Ginestié. Le RAIFFET, il est vrai, est aujourd’hui devenu un véritable Réseau de Partenaire mus par une commune volonté de construire ensemble l’ETFP en Afrique ; mais, dans des faits il procède d’abord et surtout de la volonté de deux hommes Jacques et Jean pour parler familièrement de nos amis Ginestié et Sylvain Bekale ; grâce à eux deux seuls, toutes les montagnes de défis qui se posent quotidiennement au Réseau sont vite relevées.
Notre reconnaissance et nos remerciements vont également à l’ensemble des Partenaires avec qui l’ENSETP partage des projets structurants et dont l’appui a été déterminant pour la tenue de ce colloque ; je veux nommer la coopération Luxembourgeoise et la coopération Belge à travers Lux Dev et l’APEFE.

Notre profonde gratitude comme nos remerciements vont enfin à la tutelle en particulier son Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement et de la Formation Professionnelle et Monsieur le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. J’ai à dessein, voulu terminer par eux afin d’aménager l’espace nécessaire pour permettre de traduire nos sentiments au travers de quelques envolées lyriques : faire près de 80 km de route en début de semaine où l’acuité du travail est toujours prégnante, pour venir ouvrir et présider l’espace d’une courte heure, une rencontre fût-elle de cette dimension, c’est quelque part une haute marque de considération, et de reconnaissance. Au-delà de l’aspect protocolaire, c’est surtout et je n’en doute pas un instant, une marque d’amitié collégiale que vous venez de traduire là, Monsieur le Recteur.

Excellence, Monsieur le Ministre, c’est vous qui avez fait de l’ENSETP le maillon essentiel de la nouvelle politique de formation professionnelle initiée sous votre magistère et c’est encore vous qui l’avez placée au coeur du dispositif qui à terme, fera du secteur, un facteur de compétitivité et de performance de l’économie nationale, en réponse aux besoins de l’économie en ressources humaines qualifiées. Votre forte conviction et l’intérêt que vous manifestez au quotidien pour le développement de l’EFPT participent à votre volonté de toujours inscrire vos actes dans la pertinence de vos choix et la cohérence de votre démarche. L’ENSETP comme les autres Institutions sous tutelle a largement profité de cette prime de situation (je voudrai révéler, de manière incidente, que c’est le Ministère qui a pris en charge chers participants, votre hébergement et votre restauration le temps que durera cette rencontre).

Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur, Mesdames et Messieurs les Directrices et Directeurs d’ENS invités personnels, l’ENSETP et le RAIFFET par ma voix vous renouvellent leur profonde gratitude et leur fierté de vous voir communier avec eux en cet instant solennel.

Chers participants, honorables invités, je voudrai maintenant après le côté jardin, aborder le côté cours de ce qui nous réunit ici en esquissant une courte analyse conceptuelle qui permet de dégager quelques axes paradigmatiques de la thématique du colloque « l’Égalité des chances observée et appréciée à travers le prisme de l’Éducation Technologique et de la Formation Professionnelle ». Mesdames et Messieurs, la dénonciation des inégalités et des injustices scolaires est si banale aujourd’hui qu’elle nous dispense souvent de savoir véritablement de quoi on parle ; et pourtant, que d’écrits, que de postures et de positions autour d’une telle thématique !

L’ambition de notre Colloque, est prosaïquement d’essayer d’y voir un peu plus clair en distinguant plusieurs dimensions problématisées au travers des quatre thèmes qui nous réunissent aujourd’hui :

  1. Égalité des chances et sociétés
  2. Éducation Technologique et développement de l’égalité des chances de départ
  3. Formations Professionnelles et développement de l’égalité des chances d’insertion sociale
  4. Les chances d’accès aux métiers de l’économie réelle, développées par les EFTP pour chaque formé.

Ces thèmes ne sauraient être plus actuels et donc plus pertinents, plus ouverts et donc plus fédérateurs. Pendant longtemps, l’éducation scolaire a été un bien rare réservé à une élite sociale, et ce n’est qu’au terme du XIXème siècle que s’est installée la norme de l’école offerte à tous. Dès lors, un critère de justice s’est imposé : l’égalité d’accès à la formation élémentaire. Aujourd’hui, ce critère vaut dans bien des pays qui s’efforcent d’alphabétiser tous les enfants. Certes, avec le temps le seuil scolaire s’est déplacé vers l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur et l’on peut penser qu’un système scolaire qui ouvre les portes de ses lycées et de ses universités est plus juste qu’un système qui sélectionne précocement (c’est dans un tel cadre qu’on raisonne en termes de démocratisation absolue).

Au demeurant, quand on cesse d’étalonner la valeur d’une école ou d’un système sur le nombre d’enfants scolarisés pour mesurer le pourcentage d’enfants d’origines défavorisées accédant au niveau supérieur de l’enseignement, on passe de l’égalité d’accès à l’égalité des chances. Ce modèle domine aujourd’hui dans les sociétés qui considèrent que tous les individus sont fondamentalement égaux et qu’ils doivent donc occuper des positions sociales inégales en fonction de leur seul mérite. Dans ce cas, grâce à l’égalité des chances, les élèves se hiérarchisent selon leur seul mérite et les inégalités scolaires sont des inégalités justes parce qu’elles découlent d’une compétition équitable neutralisant les effets des inégalités sociales situées en amont de l’école. À y bien réfléchir, l’égalité méritocratique des chances reste le seul critère de justice possible dans une société démocratique. Elle est en effet, la seule manière de répartir des individus supposés égaux dans des positions sociales inégales en fonction de leur mérite et de leur liberté, de leur choix, de leur travail et de leur volonté. Une telle conception de la justice scolaire ne manque pas au demeurant de critiques notamment en ce qu’elle est extrêmement exigeante puisqu’elle suppose que l’école soit capable de neutraliser les inégalités sociales et culturelles, mais aussi qu’elle soit d’une neutralité parfaite en étant d’une certaine façon « hors société ». Enfin, ce n’est pas la moindre difficulté de ce modèle, l’égalité des chances s’appuie sur une idée de mérite selon laquelle les individus ne devraient leur performance scolaire qu’a eux-mêmes, ainsi qu’à leur vertu, à leur courage, à leur volonté… or, l’on sait que le mérite est une fiction car je ne suis pas le plus responsable de mon talent pour les mathématiques que de mon goût pour le travail scolaire.

En définitive, l’égalité des chances donne à l’école la charge écrasante d’être la seule institution tenue de distribuer légitimement les individus dans des positions inégales. Au-delà de toutes ces remarques et réserves, dont on ne saurait faire l’économie ; l’égalité des chances demeure au fondement de la plupart des politiques scolaires de la seconde moitié du siècle. Pour construire les conditions de l’égalité des chances, on s’est essayé à presque tout : création d’un enseignement public ouvert à tous ici, mise en place d’un système de bourses et d’aides là, multiplication des examens et concours, développement de politiques de discrimination positive… La volonté de problématiser l’éducation technologique et la formation professionnelle au travers des réformes structurantes presque partout, en Europe comme en Afrique singulièrement, a permis de projeter un nouveau regard sur l’ETFP pour en faire non plus une école du décrochage scolaire, une école pour les exclus, pour les enfants en échec scolaire, une école de la deuxième chance voire de la dernière chance, mais une école à part entière dont le choix par l’apprenant procéderait plutôt d’une trajectoire auto déterminée et valorisante avec potentiellement, une égale chance pour tous, d’insertion professionnelle. Mesdames, Messieurs, chers participants et honorables invités, j’ai voulu, à travers cette réflexion circonstanciée, rappeler pour devoir de mémoire, quelques paradigmes et réserves de la communauté scientifique sur la problématique de l’égalité des chances. Vous aurez au cours de vos échanges dans les différents ateliers à en mesurer d’avantage la portée et les enjeux.

Je voudrai maintenant conclure Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur, Mesdames et Messieurs, en espérant pour chacun, et en particulier pour nos hôtes venus d’autres pays, un excellent séjour parmi nous. Nous sommes persuadés que ce colloque, par la pertinence de vos recommandations, constituera une étape importante pour le devenir de nos systèmes et institutions d’ETFP.

Je vous remercie.

Discours d’ouverture

Jean Sylvain Bekale Nze Président du RAIFFET Libreville (Gabon)

Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Monsieur le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, Monsieur le Coordonnateur du Comité Scientifique du RAIFFET, Monsieur le Directeur de l’ENSETP président du Comité d’Organisation, Mesdames Messieurs les Directeurs d’Écoles Normales de la sous-région, Messieurs les Directeurs des Services Nationaux, Messieurs les Représentants des Institutions partenariales, Mesdames, Messieurs les participants, Honorables invités.

C’est toujours un réel plaisir, chaque fois renouvelé, d’avoir à m’exprimer, au nom du Réseau africain des Institutions de formation de formateurs de l’enseignement technique (RAIFFET) et à vous témoigner notre reconnaissance pour l’intérêt manifeste que vous ne cessez de porter à nos activités.
Monsieur le Ministre, Il me plaît, tout d’abord, de vous exprimer notre sincère et profonde gratitude pour l’honneur que vous avez bien voulu nous faire en acceptant, de manière spontanée, de soutenir et d’appuyer l’organisation de ce troisième Colloque International. Nous vous prions de bien vouloir transmettre, à son Excellence Maître Abdoulaye Wade, Président de la République du Sénégal, nos salutations chaleureuses et notre reconnaissance pour l’importance qu’il accorde à l’enseignement technique et à la formation professionnelle.

Mesdames et Messieurs, avant d’aller à l’essentiel de mon propos, je tiens à remercier :

  • le Professeur Jacques Ginestié, Président du Conseil Scientifique du présent Colloque ;
  • les représentants des organisations internationales, entre autre, l’UNESCO, l’AUF, le BREDA qui n’ont jamais cessé de soutenir nos efforts en nous apportant leur soutien moral, matériel et financier.

Je n’oublierai pas, tout en le félicitant, de remercier le comité d’organisation de ces assises en tête duquel le Professeur Ibrahima Wade, Directeur de l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique et Professionnelle de Dakar, pour le travail accompli et la qualité de l’accueil réservé aux différentes délégations.

Mes souhaits de bienvenue s’adressent naturellement aussi à tous ceux qui ont fait le déplacement de Dakar, en dépit de la distance à parcourir et de leurs multiples occupations.

Distingués invités, la réalisation des objectifs du millénaire pose la question de la formation des enseignants, notamment au regard des questions liées à l’éducation scientifique et technologique. Si nos pays, au mieux nos institutions, comportent certaines différences fondamentales, nous sommes tous confrontés à des défis semblables : compétitivité, compétence, adéquation formation-emploi et bien d’autres. C’est dans cette perspective que depuis plusieurs années le Réseau Africain des institutions de formation de formateurs de l’enseignement technique (RAIFFET) oeuvre au développement d’initiatives visant à accompagner l’organisation de ces formations et offre l’opportunité à plusieurs millions d’enseignants et d’élèves africains de confronter leurs points de vue, de coordonner les synergies, d’échanger sur les pratiques et de mettre en commun leurs ressources. En d’autres termes, de se doter des instruments pour penser par soi-même son propre développement tout en restant très ouvert à l’autre.

Mesdames et Messieurs, l’éducation technologique et la formation professionnelle entretiennent des relations étroites avec le monde de la technique et les organisations sociales du travail. La familiarisation au monde de la technique et aux organisations socioprofessionnelles, qui structurent la division sociale du travail est constitutive d’une éducation technologique pour tous. L’égalité des chances est une exigence démocratique qui est posée aux systèmes éducatifs de tout pays qui affiche une volonté de développement et de démocratisation. Ainsi, après avoir examiné l’impact de l’implantation d’organisations d’éducation technologique et de formation professionnelle sur le développement durable des pays, au Colloque de Libreville, en 2005, le colloque de Tunis, en 2008, a poursuivi cette réflexion en examinant l’impact du développement de ces organisations scolaires dans la lutte contre la pauvreté. Le Colloque de Dakar sur « l’Éducation Technologique, la formation professionnelle et l’égalité des chances » vise à cerner plus précisément le rôle des formations technologiques et professionnelles dans le développement de l’égalité des chances entre les citoyens. Il sera examiné à travers quatre sous thèmes :

  • égalité des chances et sociétés ;
  • éducation technologique et développement de l’égalité des chances de départ ;
  • formation professionnelle et développement de l’égalité des chances d’insertion sociale ;
  • les chances d’accès aux métiers de l’économie réelle, développées par les EFTP pour chaque formé.

Distingués invités, pour conclure mon propos, je formule toujours ce voeu de voir notre espace s’agrandir et relever les défis pour la promotion de la formation des formateurs des enseignements technologiques et professionnels, véritable enjeu de développement pour notre Continent.

Je vous remercie de votre attention.

Introduction au thème du colloque

Jacques Ginestié Président du Comité Scientifique du RAIFFET Directeur de l’IUFM d’Aix-Marseille

Monsieur le Ministre, Monsieur le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, Monsieur le Président du RAIFFET, Mesdames et Messieurs les directeurs et responsables d’institutions, Mesdames et Messieurs les particpants, chères et chers collègues, donner la possibilité à chacune et chacun d’accéder à l’éducation puis à une formation professionnelle qui va lui permettre d’apprendre un métier, qu’il ou qu’elle exercera pour assurer la subsistance de sa famille n’est toujours pas une réalité sociale partagée sur notre planète. On pourrait penser que les pays du nord sont plus respectueux de ce principe que les pays du sud, non point pour des raisons morales, religieuses ou philosophiques mais en raison de leurs économies. Or, il n’en est rien et l’article 1 de la déclaration des droits de l’homme – tous les hommes naissent libres et égaux en droits et en devoirs – relève encore de l’utopie sociale. Pour que cette utopie devienne réalité, il faut des volontés politiques très fortes pour faire évoluer nos structures sociales elles-mêmes et il ne suffira pas de changer nos écoles. Dans ce processus, il y a de nombreux changements qui vont devoir être opérés, au nord comme au sud, et en cela, l’école doit évoluer mais son évolution est également un facteur de changement de nos sociétés. L’éducation reste un puissant moteur de changements et d’évolutions. Parce que l’égalité des chances pose la question de l’accès à un monde plus juste et donc celle de la justice sociale, cette question est fondamentale dans nos conceptions de nos systèmes éducatifs. En effet, que signifie cette égalité des chances ? Une égalité d’opportunité pour chacune et chacun d’accéder à la formation de son choix ? Une égalité de traitement de chaque enfant qui doit bénéficier des mêmes conditions d’étude ? Cette présentation vise à examiner quelques-unes des pistes posées par ces deux acceptions et d’analyser les possibles dans l’articulation éducation technologique pour tous les enfants, formation professionnelle pour chaque adolescent ou jeune adulte.

To give the possibility to each girl and each boy to reach education then a vocational training which will enable him to learn a job – that he or she will exert to ensure the subsistence of his family – is still not a social reality shared on our planet. One could think that the countries of north are more respectful of this principle than the countries of the south, not for reasons morals, nuns or philosophical but because of their economies. However, it of it is nothing and article 1 of the declaration of the human rights – All the men are born free and equal in right and in duty – still concerns the social Utopia. So that this utopia becomes reality, one very strong political wills to make evolve our social structures themselves and it will not be enough to change our schools. In this process, there are many changes, which will have to be operated, in the north as well in the south, and in that, the school must evolve but its evolution is also a factor of change of our companies. Education remains a powerful engine of changes and evolutions. Because the equal opportunity asks the question of the access to a world righter and thus that of social justice, this question is fundamental in our designs of our education systems. Indeed, that this equal opportunity means? An equality of opportunity for each one and each one to reach the formation of its choice? An equal treatment of each child who has to profit from the same conditions of study? This presentation aims at examining some of the tracks posed by these two meanings and to analyse the possible ones in the articulation education technological for all the children, vocational training for each adult teenager or young.

Ce troisième colloque du RAIFFET s’inscrit dans une perspective particulière – cela fait un peu plus de dix ans que l’ONU a adopté ses objectifs de développement pour le millénaire et que l’UNESCO inscrit l’accès à une éducation pour tous comme une base incontournable pour l’humanité – alors que nous traversons une crise financière, économique et politique sans précédent – notre attention se focalise sur l’accroissement de la pauvreté qui touche des pans de population de plus en plus importantes et cela dans tous les pays, au nord comme au sud et pas seulement dans les couches les plus défavorisées. De fait, nous voilà rendu à une question de fond : comment assurer l’égalité des chances pour nos enfants dans un monde qui voit s’accroître les différences entre couches sociales – les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres – alors que les mécanismes de solidarités se tendent de plus en plus et que les transferts nord-sud s’inscrivent massivement dans des logiques de dominations technologiques et de guerres économiques.

Voilà six ans, lors du colloque de Libreville, nous posions la question du lien entre éducation et formation comme vecteur du développement durable pour les pays. Nous indiquions, de manière quasi-prémonitoire, que les éducations générales ne pouvaient faire l’économie d’un ancrage fort sur des débouchés dans des formations professionnelles organisées et structurées qui étaient les seules susceptibles de promouvoir l’accès à des emplois qualifiés pour chaque jeune. Nous construisions ainsi un lien explicite entre la citoyenneté et l’acquisition d’une qualification professionnelle socialement reconnue.

En effet, il nous semblait important, à nous, professionnels et chercheurs dans ces domaines de l’éducation technologique et de la formation professionnelle, d’affirmer que tous nos travaux, relayés par de nombreux autres ; que la citoyenneté ne pouvait être pleine et entière sans donner à ces citoyens les moyens de sa propre subsistance grâce aux fruits de son travail. De très nombreux exemples illustrent cela, parfois de manière particulièrement dramatique. Il ne s’agit certainement pas d’une condition suffisante mais il s’agit sûrement d’une condition nécessaire.
Ce lien nous semblait suffisamment explicite pour que nous nous intéressions à Tunis, trois ans plus tard, à ce lien entre éducation et formation dans une perspective de lutte contre la pauvreté. Pouvoir vivre des revenus de son travail est une aspiration légitime pour chacune et chacun. Exercer un métier reconnu, valorisé socialement et rémunérateur est une condition pour sortir de la misère. À cette époque, les grands organismes prenaient la mesure de ce lien et intégraient tous ces relations entre ce qui devenait les objectifs de l’éducation pour tous (EPT) et ceux de l’éducation et de la formation technologique et professionnelle (EFTP).

Bien évidemment, comment concevoir une éducation générale pour tous qui ne donne accès qu’à la maitrise des compétences et des connaissances de base (lire, écrire,compter) sans se préoccuper du devenir socioprofessionnel de chacun de ces jeunes ? Comment par ailleurs imaginer des organisations de formation professionnelle qui ne s’appuient pas sur des bases de connaissances solidement maitrisées à l’issue d’un cursus d’enseignement général ? L’articulation enseignement primaire d’une éducation pour tous vers une formation professionnelle pour chacun est un des enjeux majeurs de ce 21e siècle.

Or, ce que nous constations, c’est également que l’accès à l’EFTP était encore plus contraint que celui à l’EPT. Les discriminations sociales, linguistiques, culturelles, économiques, politiques, sexuelles… interdisent l’accès à l’école à de nombreux enfants ou les relèguent dans des systèmes scolaires de mauvaise qualité, sans perspective d’avenir, sans possibilité de valorisation sociale. De fait, il ne suffit pas de dire que nos objectifs visent une égalité de traitement – l’accès à l’école apprécié d’un seul point de vue quantitatif n’est pas suffisant – encore faut-il que cette école soit de qualité, encadrée par des enseignants bien formés et compétents, qui partagent la conviction que chaque enfant a droit à ce qu’il y a de mieux pour lui permettre de réussir dans ses ambitions et ses projets. Les processus de sélection, les modes d’organisation des situations scolaires, les compétences des enseignants, les moyens et les ressources à disposition… sont autant de facteurs de discrimination qui conduisent intrinsèquement à l’exclusion scolaire et aux inégalités de traitement.

Il était donc logique que le troisième colloque du RAIFFET pose la question de l’égalité des chances. Cette question va être traitée dans nos différents ateliers et conférences, tout au long de nos travaux. Je suis très honoré de voir que cette troisième édition du colloque du RAIFFET ait lieu. Nous devions aller à Abidjan et Émile Bih, le directeur de l’IPNETP, avait fait un remarquable travail de préparation ; malheureusement la politique nationale et les évènements en ont encore décidé autrement. Je voudrais remercier Ibrahima Wade qui a relevé ce défi impossible : organiser en quelques mois un colloque de cette ampleur avec un génie et une conviction remarquable. Il a su mobilisé toute une équipe qui s’est particulièrement investie pour permettre cette manifestation dans ce cadre si agréable. Mes remerciements également à mon cher compagnon, Jean Sylvain Bekale Nze, qui rend possible l’existence du RAIFFET depuis près de dix ans… Il nous faut compter également sur nos partenaires, Ibrahima les a tous cités et je ne vais pas le répéter, si ce n’est pour une mention spéciale à Hervé Huot-Marchand, et au travers lui, à l’Unesco, qui nous accompagne avec fidélité depuis le premier jour. Je ne peux que vous souhaiter à toutes et tous un excellent colloque dans ce lieu magique.

Discours d’ouverture

Saliou Ndiaye Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop Dakar (Sénégal)

Excellence Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la formation professionnelle, Monsieur le Président du Réseau Africain des Institutions de Formation des Formateurs de l’Enseignement Technique (RAIFFET), Monsieur le coordonnateur du Comité Scientifique du RAIFFET, Monsieur le Directeur de l’École Normale Supérieur d’Enseignement Technique et Professionnel, Président du Comité d’Organisation, Monsieur le Représentant Général du Bureau de l’Unesco-Breda, Messieurs les Directeurs des Services Nationaux, Messieurs les Représentants des Institutions partenariales, Mesdames, Messieurs les participants, Distingués invités, Cher collègue,

Je tiens tout d’abord à saluer toutes les personnalités qui se retrouvent aujourd’hui réunies, il me plaît ensuite, de vous transmettre, Distingués invités, les chaleureuses salutations de Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur, des Universités et des Centres universitaires Régionaux (CUR) et de la Recherche Scientifique, que j’ai aussi l’honneur de représenter.

Il aurait bien voulu participer, personnellement, à votre rencontre, n’eussent été des engagements antérieurs. Il m’a chargé de vous transmettre ses excuses et ses voeux pour un partenariat plus renforcé entre les Universités sénégalaises et le Réseau Africain des Institutions de Formation des Formateurs de l’Enseignement Technique (RAIFFET).

Je voudrais remercier son Excellence Monsieur Moussa Sakho, qui ménage de manière admirable avec le dynamisme et l’ouverture qu’on lui connait, le Ministère de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle et qui a accepté de présider cette rencontre.
Votre présence est la marque de votre intérêt et de votre confiance pour nos actions et nos programmes. Une telle confiance, Monsieur le Ministre, nous va droit au coeur.

Il me plait aussi d’adresser mes sentiments de profonde gratitude aux fidèles partenaires de l’ENSETP de Dakar à savoir :

  • L’Institut Universitaire de Formation des Maitres de Provence ;
  • La Coopération Luxembourgeoise ;
  • L’Association pour la promotion de l’éducation et de la formation à l’étranger. (APEFE) ;
  • l’Unesco-Breda

Ils ont grâce à leur contribution significative, rendu possible une telle rencontre.

Mesdames et Messieurs, c’est le lieu pour moi maintenant de transmettre, au nom de Monsieur le Ministre, mes félicitations les plus chaleureuses à Monsieur le Directeur de l’ENSETP, Ibrahima Wade, Président du Comité d’Organisation. Je saisi cette opportunité pour saluer sa discrétion, son efficacité, son sens de l’humain. Je lui réitère les espoirs que la communauté universitaire place en son magistère. C’est ensuite à vous, Messieurs et Mesdames les enseignants et chercheurs, chers collègues de l’ENSETP qui assumez le noble métier d’enseignant dans des conditions souvent difficiles, et au Personnel Administratif, Technique et de Service, que je voudrais m’adresser. Vous avez, en authentiques universitaires, donné le meilleur de vous – même pour accueillir ce 3ème Colloque international du RAIFFET, après ceux à Libreville en 2005 et à Tunis en 2008. Mes remerciements vont à vous aussi, Distingués invités, pour avoir pris de votre temps précieux pour être avec nous. Je voudrais enfin adresser mes chaleureux et fraternels remerciements à nos illustres invités ici présents. C’est l’occasion, Monsieur le Président du Réseau Africain des Institutions de Formation des Formateurs de l’Enseignement Technique, de magnifier l’exemplarité de la coopération Nord–-Sud et Sud-Sud en matière de Formation Professionnelle et Technique (FTP), matérialisée à travers votre Réseau (RAIFFET).

Il me plaît également de rappeler que les liens entre nous et nos 20 partenaires du RAIFFET plongent leurs racines loin dans l’Histoire, tissés par un long compagnonnage, mais aussi dans les épreuves d’un passé mutuellement assumé. M. le Ministre de l’Enseignement technique et de la F.O., Monsieur le Président du Comité d’Organisation, Chers collègues, le thème qui nous réunit aujourd’hui porte sur « Éducation technologique, Formation professionnelle et Égalité des chances », un thème qui constitue un enjeu essentiel dans tous les systèmes éducatifs. Vous le savez, les fondements étiques de notre système éducatif actuel se trouvent dans le célèbre texte présenté en 1792 à l’Assemblée Nationale par le Marquis de Condorcet, intitulé, Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique. Le philosophe y écrit, je le cite : « … notre premier soin devrait être de rendre, d’un côté, l’éducation aussi égale, aussi universelle, de l’autre, aussi complète que les circonstances pourraient le permettre ; qu’il fallait donner à tous également l’instruction qu’il est possible d’étendre sur tous ; mais ne refuser à aucune portion des citoyens l’instruction plus élevée qu’il est impossible de faire partager à la masse entière de tous les individus… » Fin de citation.

Mesdames et Messieurs, ce projet est clair : il s’agit d’assurer l’égalité de traitement au niveau de l’école de base et l’égalité des chances par la suite, dans les autres ordres d’enseignement. C’est ce schéma de Condorcet qui va inspirer toutes les réformes scolaires de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Autour de lui va aussi se faire la quasi-unanimité durant cette époque. Mais, dès la fin des années soixante, les critiques commencèrent à s’accumuler. Dès lors, tout l’enjeu d’éducation et d’abord de l’éducation formelle va consister à définir et fonder ou refonder un projet collectif, conforme aux valeurs de la démocratie et à la promesse qu’elle annonce. La notion de traitement des différences, retient, désormais l’attention des enseignant et les débats s’organisent autour de thèmes, entre autres, comme les discriminations négatives ou positives, les zones d’éducation prioritaire, les programmes compensatoires, l’évaluation formative. Mesdames, Messieurs, le thème de votre colloque, s’inscrit dans la continuité des discussions de jadis puisque, à nouveau, vous vous interrogez sur l’impératif de la qualité à l’école. Voilà pourquoi votre débat nous intéresse au plus haut point, à la fois par son thème, mais également par le choix de cet aréopage d’éminentes personnalités, qui ne manqueront d’enrichir, par leurs idées et leurs expériences, les travaux de votre colloque.

Mesdames et Messieurs, Distingués invités en vos titres et qualités, Je ne voudrais pas trop dépasser le temps qui m’est imparti, d’autres voix plus autorisées que la mienne apporteront des réponses satisfaisantes et les débats qui s’organiseront dans vos différents ateliers permettront de répondre aux grandes questions liées à l’Éducation technologique, la Formation professionnelle en corrélation avec l’Égalité des chances. Je voudrais, pour finir, vous dire qu’en vous voyant tous réunis, je me réjouis du fait que l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, grâce à l’ENSETP, soit une fois de plus, ce matin encore, le centre de débats sur la culture et le développement. Cela prouve bien qu’elle demeure toujours forte dans sa vision humaniste et universaliste d’institutions ou se forme une opinion libre, éclairée et critique, forte dans ses appels au dialogue et au respect de toutes les cultures du monde. Notre université a une longue tradition de collaboration internationale. Dans un monde où les exigences et les possibilités prennent une envergure planétaire, l’UCAD continue de faciliter les échanges d’idées et demeure un forum où l’on peut débattre des opinions et des idées pour mieux connaitre et comprendre les grandes questions qui nous concernent tous.
Mesdames, Messieurs, Distingués invités, pour terminer, je souhaite plein succès à votre rencontre. Je ne doute pas de son succès car, avec des assises aussi solides, avec un tel encadrement, avec de tels soutiens scientifiques, nationaux et internationaux, avec une telle équipe, avec des professionnels tels que vous, il est bien parti.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

Discours d’ouverture

Moussa Sakho Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle Dakar (Sénégal)

Monsieur le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Monsieur le Président du RAIFFET, Monsieur le Coordonnateur du Comité Scientifique du RAIFFET, Monsieur le Directeur de l’ENSETP président du Comité d’Organisation, Messieurs les Représentants des Institutions partenariales, Mesdames, Messieurs les participants, Honorables invités, c’est pour moi un grand plaisir que de présider la cérémonie d’Ouverture du Colloque International du Réseau Africain des Institutions de Formation de Formateurs, Colloque dont l’ENSETP assure, aujourd’hui, la maîtrise d’oeuvre.

Mesdames, Messieurs, Chers participants, je me trouve devant vous, surtout pour souligner tout l’intérêt et toute l’importance que mon Département et la communauté des acteurs de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle attachent à ce Colloque. La réflexion que suscitera votre thème « Éducation Technologique, Formation Professionnelle et Égalité des Chances », est au coeur même de notre Réforme de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle. En effet, notre pays veut élargir l’accès à la formation et, en même temps, préserver l’équité et l’égalité des chances pour tous, devant l’éducation et la formation, tel qu’exprimé dans notre Loi d’Orientation scolaire et réaffirmé dans le projet de Loi d’Orientation de l’ETFP mis dans le circuit administratif. Mais, je souhaite aussi, au-delà de son caractère de partage et de réflexion, que votre colloque soit en même temps une rencontre largement conviviale.

En formant ainsi, pour vous tous, chers participants, les voeux d’un excellent séjour parmi nous, je garde en vue la promesse des communications à la fois nombreuses et variées, et qui seront les moments forts de notre rencontre, tant sur le plan scientifique que social. En effet, nos assises doivent se lire et se comprendre, certes comme un espace d’expression des sensibilités et des vécus de collègues venant d’horizons divers et partageant le même idéal, mais aussi et surtout, comme moment privilégié de magnificence de l’amitié et de la solidarité entre Institutions Soeurs.

Comment rendre égales les chances d’accès et de succès à l’enseignement et à l’insertion des jeunes du formel, comme de l’informel ? Dans quelle(s) condition(s) le développement des formations technologiques et professionnelles peuvent-elles ouvrir des voies d’accès à des compétences et savoirs autres que ceux offerts par des systèmes classiques ? Comment, au travers des compétences « d’Entreprenariat et d’Employabilité », offrir une deuxième (mais non une dernière) chance aux citoyens que leur formation initiale n’a pas réussi à mettre à égalité des chances d’insertion avec leurs concurrents aux parcours scolaires moins difficiles ? Voilà quelques-unes des questions qui relèvent de la problématique de votre rencontre et qui participent aux enjeux qui feront que la formation professionnelle et technique ne soit plus un choix par défaut mais qu’elle soit, réellement, une décision qui fasse partie d’une trajectoire autodéterminée et valorisante, de la part de l’apprenant.

À l’instar des pays amis de la sous-région présents presque tous à ce colloque et représentés par d’éminents professeurs et cadres de l’Administration scolaire, le Sénégal a bien perçu ces enjeux en engageant une profonde réforme qui consacre le rôle de la formation technique et professionnelle en tant que maillon fort d’une politique de promotion de l’emploi et de relèvement du niveau de qualification des ressources humaines du pays en vue du renforcement de la compétitivité de son économie. Le plan d’action retenu pour concrétiser cette réforme devenue aujourd’hui majeure, s’articule autour de six points :

  • une nouvelle orientation : la réponse au besoin du marché du travail ;
  • des missions élargies : formation initiale, continue et appui à l’insertion des formés ;
  • un champ d’action élargi à l’apprentissage ;
  • un nouveau mode de pilotage : autonomie des établissements, implication des acteurs économiques dans la gestion, la démarche qualité ;
  • de nouvelles modalités pédagogiques : approche par compétences (APC), formation par alternance ;
  • une nouvelle organisation du système avec 3 niveaux de qualification pouvant s’étendre à 5.

En décidant d’organiser un colloque sur : « Éducation Technologique, Formation Professionnelle et Égalité des Chances », vous partagez, ainsi donc, comme je l’ai dit plus haut, les mêmes préoccupations et objectifs que le METFP qui, justement, fait de l’égalité des chances d’accès et de succès, un axe essentiel de son plan d’action stratégique. Au demeurant, la complexité des questions soulevées mérite que des experts avisés comme vous, puissent en mesurer les enjeux et proposer les mesures correctrices et recommandations qui seront d’un intérêt certain pour le développement de nos pays respectifs.

Avant de conclure, Mesdames, Messieurs, je saisis cette occasion privilégiée pour dire, à l’ensemble des personnels en service à l’ENSETP de Dakar, toute la confiance du Chef de l’État et du Gouvernement, et l’assurance de notre disponibilité pour mieux les aider dans l’accomplissement de la lourde tâche qui leur est confiée. Je les félicite pour l’initiative qu’ils ont prise et dont nous voyons l’aboutissement aujourd’hui.
Il me plaît aussi d’adresser mes sentiments de profonde gratitude aux partenaires fidèles de l’ENSETP, notamment à l’IUFM d’Aix Marseille avec qui l’ENSEPT entretient un partenariat très dynamique. Je n’oublierai pas la Coopération Luxembourgeoise et l’APEFE, à travers les deux projets structurants de SEN-024 et de SEN-101, ni l’UNESCO-BREDA.

Espérant que vous passerez un agréable séjour chez nous au Sénégal, nous souhaitons plein succès à vos travaux et sommes convaincus que ce colloque, par la pertinence de ses recommandations, constituera une étape importante dans la longue marche de nos Institutions pour l’émergence d’une Éducation technologique et de Formation professionnelle pour le développement, d’une éducation pour la compréhension des peuples et partant d’une éducation pour la paix.

En souhaitant Mesdames, Messieurs, plein succès à vos travaux, je déclare ouvert ce Colloque International sur « Éducation Technologique, Formation Professionnelle et Égalité des Chances ».

Je vous remercie de votre attention.

Session de clôture

Jean Sylvain Bekale Nze Président du RAIFFET Libreville (Gabon)

Monsieur le Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Monsieur le Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop, Monsieur le Président du RAIFFET, Monsieur le Coordonnateur du Comité Scientifique du RAIFFET, Mesdames Messieurs les Directeurs d’Écoles Normales de la sous-région, Messieurs les Directeurs des Services Nationaux, Messieurs les Représentants des Institutions partenariales, Mesdames, Messieurs les participants, Honorables invités. Pendant trois jours, nous avons débattu de l’impact de la réorganisation, de l’amélioration des systèmes d’éducation technologique et de la formation professionnelle en vue de l’égalité des chances. En ma qualité de Président du RAIFFET, je suis heureux de constater que les travaux de ces assises de Dakar ont porté leurs fruits par la qualité des échanges qui ont eu lieu. Aussi, je tiens à féliciter le comité d’organisation ainsi que tous les participants d’avoir permis l’excellence de son bon déroulement.

Mesdames et Messieurs, Honorables invités, Chers collègues, la rencontre de Libreville a été l’occasion de réfléchir sur l’émergence de perspectives plus économiques de l’éducation et de la formation qui tiennent compte des exigences de qualifications des ressources humaines dans un monde globalisé et compétitif, afin de garantir le développement durable de l’Afrique. Tunis 2008 a poursuivi cette réflexion en faisant le lien entre l’éducation technologique et lutte contre la pauvreté car, en situation de pauvreté, vous conviendrez avec moi, qu’il n’y a pas de développement durable possible.

Mesdames et Messieurs, au XXIème siècle, la connaissance est facteur de production et de développement, donc de l’égalité des chances. Aussi, les percées rapides des technologies et des communications offrent-elles des possibilités énormes dans l’acquisition des nouvelles qualifications. C’est la raison pour laquelle nous avons invité les communicants à placer l’enseignement technologique au centre de leur préoccupation. Permettez-moi de vous exprimer, au nom du bureau exécutif et du comité scientifique du RAIFFET, notre grande satisfaction. En effet, par des études de cas inspirées des contextes différents, vous avez débattu des risques d’une acculturation technologique tout en relevant les effets positifs de son appropriation.
À travers vos communications, vous avez également relevé la nécessité de prêter désormais attention aux compétences à mobiliser dans les petits métiers afin de les associer pleinement au développement des économies nationales. En complément des deux précédents colloques, vous avez voulu réaffirmer la nécessaire relation entre les contenus de formation et les besoins économiques de nos pays, décrivant ainsi la formation professionnelle comme un outil d’égalité des chances, donc un espoir pour le développement de l’Afrique.

Aussi, tenons-nous à exprimer notre sincère reconnaissance aux autorités qui ont contribué à la tenue de ces assises de Dakar. Au moment où nous nous apprêtons à quitter le sol Sénégalais, sachons que notre tâche n’est pas achevée. Nous avons des constats sur nos systèmes éducatifs et de formation et sur l’économie africaine. Nous avons débattu de leur avenir et nous avons pris des résolutions. Je pense qu’il faut désormais réfléchir à la phase de leur application concrète. J’exhorte donc chacun à faire un effort de réflexion pour la mise en oeuvre des conclusions de ces assises dans son pays. C’est en cela que nous pourrons honorer et remercier les partenaires financiers et scientifiques qui ne cessent de se mobiliser, à chacune de nos sollicitations.

Avant de terminer mon propos, je tiens, une fois de plus, à témoigner ma profonde gratitude à tous les soutiens sénégalais, gabonais et internationaux pour l’intérêt qu’ils ne cessent d’accorder aux actions du RAIFFET. Je tiens également à remercier tous les participants qui, en marge de leurs lourdes charges professionnelles, ont accepté de faire le déplacement à Dakar. Merci encore au comité d’organisation pour sa bienveillante attention.
À tous et à chacun, bon retour dans vos pays respectifs.

Je vous remercie.

Téléchargez les actes du colloque international RAIFFET de Portudal Mbour au SENEGAL en octobre 2011

Actes du colloque international RAIFFET de Portudal Mbour au SENEGAL en octobre 2011

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