Usages pédagogiques des réseaux sociaux en milieu universitaire et impact sur les interactions étudiants/enseignants Cas de la faculté des sciences de l’éducation de l’université Yaoundé I Christelle Atouba Akame krystymaur@yahoo.fr Julia Ndibnu Messina Ethé Ju_messina@yahoo.fr

Usages pédagogiques des réseaux sociaux en milieu universitaire et impact sur les interactions étudiants/enseignants :  Cas de la faculté des sciences de l’éducation de l’université Yaoundé I Christelle Atouba Akame krystymaur@yahoo.fr  Julia Ndibnu Messina Ethé Ju_messina@yahoo.fr

Usages pédagogiques des réseaux sociaux en milieu universitaire et impact sur les interactions étudiants/enseignants :
Cas de la faculté des sciences de l’éducation de l’université Yaoundé I
Christelle Atouba Akame krystymaur@yahoo.fr  Julia Ndibnu Messina Ethé Ju_messina@yahoo.

Résumé

Les médias sociaux sont de plus en plus envahissants et prennent une importance capitale dans le quotidien des gens, plus encore dans celui des jeunes. Etudier l’usage pédagogique des réseaux sociaux en milieu universitaire revient aussi à parler de leur impact dans les interactions des principaux acteurs : l’enseignant et l’étudiant. Notre article se propose de montrer la valeur ajoutée d’une intégration pédagogique des réseaux sociaux dans les universités. Avec les approches telles que l’interactionnisme et le modèle d’acceptation technologique, nous verrons comment cette pratique innovante des réseaux sociaux pourrait être une solution au problème de décrochage académique.

Mots clés

Réseaux sociaux, impact, interactions, usage pédagogique

Introduction

L’internet fait partie aujourd’hui du quotidien  de  l’immense  majorité  des  étudiants camerounais dont les pratiques ludiques, communicationnelles et cognitives passent par le numérique. Celui-ci permet une socialisation cognitive qui est souvent assurée par la famille, l’école, mais aussi par les médias. À l’intérieur de ces médias, les réseaux sociaux caractéristiques du web 2.0,  occupent une  place  particulière.  Le web 2.0 marque le passage de la communication “one to many” propre aux médias traditionnels (et, pourrait-on ajouter, à la  communication  enseignante),  à  la  communication  “many  to  many”,  del’interactivité  à  l’interaction  et  du  partage  de  l’information  au  partage  des  savoirs d’après Quoniam, ( 2010).

L’internet  et  le  web  2.0,  grâce  aux  apports  de  technologies  de  services  facilitant  les relations  et  la  participation,  ont  permis  l’émergence  de  ces  réseaux  socio-numériques définis  par  Boyd  et  Ellison (2007)  comme  reposant  sur  des  sites  qui  permettent  aux individus  de  se  construire  un  profil  public  ou  semi-public  dans  un  système  inter-relié, d’articuler  ce  profil  avec  des  listes  d’autres  utilisateurs  qui  eux-mêmes  partagent l’information  et  les  profils. La  question  de  l’impact  des  technologies  numériques  sur  les  apprentissages est complexe parce que les liens entre technologies et pédagogies ne se laissent pas appréhender facilement.  Notre travail portera sur l’usage pédagogique de ces réseaux sociaux en milieu universitaire et son impact sur les interactions étudiants/enseignants. L’hypothèse voudrait que l’utilisation des médias sociaux soit une démarche visant à promouvoir l’autonomie et la motivation de l’étudiant, faciliter la recherche et permettre une aisance dans la communication (qu’elle soit synchrone ou asynchrone) enseignant/enseigné. Aussi nous paraît-il opportun de nous interroger sur l’intégration pédagogique des réseaux sociaux à la faculté, autrement dit comment leur intégration serait un avantage pour les étudiants ? Nous proposons, dans cet article, de vérifier l’hypothèse selon laquelle ces réseaux sociaux permettent à l’étudiant d’être autonome et motivé, et faciliteraient la communication dans la relation éducative. Pour cela, nous situerons d’abord notre travail dans un contexte académique et technologique, ensuite nous dégagerons une problématique et des objectifs. Dans une approche interactionniste et avec le modèle d’acceptation technologique nous analyserons les données.

Contexte de l’étude

Dans cette section, nous parlerons tour à tour du contexte académique et du contexte technologique.

Contexte académique

L’université, comme tout élément constitutif et participatif de la société, n’a pas échappé à l’avènement des technologies de l’information et de la communication (TIC). C’est ainsi que les médias sociaux se sont invités dans les situations pédagogiques à l’université et sont susceptibles d’exercer un impact sur les interactions entre enseignants et apprenants. Les enjeux de la formation du capital humain dans les universités, impulsés par le gouvernement camerounais en vue de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035, a été marquée cette dernière décennie par l’arrivée du système LMD (Licence-Master-Doctorat). Réforme majeure de l’enseignement supérieur, ce système est considéré comme solution à l’épineux problème de professionnalisation des enseignements dans nos universités. Dans un contexte où l’on cherche à étendre l’espace d’apprentissage, les TIC sont considérées comme un moyen d’améliorer la formation. Le contexte pédagogique de l’université est très diversement affecté par l’introduction des TIC. L’usage des sites internet se réduit parfois à permettre l’accès à des ressources (informations, médias), et aux informations de cours (supports de cours, agenda pédagogique, annonces, etc.) Gremmo, Kellner (2011). Mais l’usage des réseaux sociaux comme Whatsapp et Facebook peut impliquer la conception, les pratiques pédagogiques et les modalités d’interactions. Ils deviennent ainsi un acteur important de l’environnement pédagogique et offrent aux professeurs la possibilité d’encadrer les étudiants en ligne, d’organiser le travail collaboratif, les exercices interactifs ou l’espace de travail par groupes, d’introduire des forums de discussion et des rencontres en face à face, de proposer des auto-évaluations.

Contexte technologique

Les réseaux sociaux sont des moyens de choix pour s’informer, collaborer et réaliser des productions. Ils permettent à l’enseignant de diversifier ses méthodes de diffusion des contenus et d’évaluation ; ils donnent aussi à l’étudiant l’occasion de développer des habiletés de communication, d’être autonome et responsable. Populaires et polyvalents, ces technologies issues du web 2.0 utilisent des techniques de communication aisément accessibles pour faciliter les interactions et permettent la création, l’échange et la diffusion des contenus générés par les utilisateurs. Une éducation citoyenne du 21e siècle implique une éducation aux médias et aux technologies de l’information et de la communication ; puisqu’elles contribuent à la formation du citoyen, les institutions ont un rôle à jouer dans la responsabilisation de l’étudiant et dans le développement de ses compétences technologiques. L’utilisation appropriée des médias sociaux dans les cours universitaires est susceptible de pousser les enseignants à adopter de nouvelles postures pédagogiques (Béziat, 2012), à modifier leur conception de l’apprentissage, de l’enseignement et de la relation avec les étudiants. Alava (1998) soutient que l’adoption par l’enseignant d’une médiation technologique peut le conduire à reconsidérer la part d’initiative des étudiants dans le rapport enseignement-apprentissage. Pour Jézégou (2009), le changement le plus significatif de l’environnement éducatif technologisé renvoie à l’autonomie plus large des apprenants à travers les libertés de choix qui leur sont offertes. L’auteure se réfère à quatorze types de liberté regroupés en trois catégories de composantes : spatio-temporelle, pédagogique et communicationnelle. La relation éducative est largement concernée par ces « libertés » qui contribuent à l’autonomisation de l’apprenant et au développement d’une médiation humaine moins asymétrique.

Après avoir étudié le contexte de l’étude, dans lequel nous avons parlé des contextes académique et technologique, nous allons nous intéresser à la problématique de notre étude.

Problématique

L’intégration pédagogique des réseaux sociaux n’est pas encore « visible » dans la faculté des sciences de l’éducation de l’université de Yaoundé I; néanmoins certains enseignants utilisent cette nouvelle méthode de façon asynchrone.  Ainsi notre travail pose le problème de l’intégration pédagogique des réseaux sociaux dans la faculté. Et nous aurons comme question principale de recherche : quels avantages pour une utilisation pédagogique des réseaux sociaux ? En d’autres termes que gagneraient les étudiants à travailler via Whatsapp ? Est-ce qu’avec les réseaux sociaux la communication sera plus facile entre enseignants et étudiants ? Notre problématique ainsi définie, nous allons nous intéresser aux hypothèses.

Objectif de l’étude

Cet article a pour but d’attirer l’attention de la communauté éducative universitaire, sur l’intérêt d’utiliser et/ou d’intégrer les réseaux sociaux dans le processus d’apprentissage. Dans le souci d’intégrer ces technologies, l’objectif de notre recherche est de mettre en avant les apports pédagogiques et relationnels des médias sociaux, de promouvoir et soutenir l’utilisation des réseaux sociaux dans les pratiques pédagogiques à l’université. L’objectif de l’étude ainsi établi, nous allons nous intéresser au cadre théorique de notre recherche.

Cadre théorique

Dans cette partie, nous aborderons la théorie de l’interactionnisme et le modèle d’acceptation technologique.

L’interactionnisme

On appelle interactionnisme (ou interactionnisme symbolique) un courant de pensée de la sociologie qui analyse la société comme le résultat de l’interaction entre les individus qui la composent. Qualifiant ceux qu’on appelle parfois les sociologues de la « seconde école de Chicago » (Everett C. Hughes, Anselm Strauss, Howard Becker, Erving Goffman) et leur nombreuse postérité, le terme interactionnisme symbolique a été inventé par Herbert Blumer.  C’est le développement de l’action collective, la façon dont les gens agissent Ce courant s’est développé aux Etats-Unis au milieu du XXème siècle à partir des travaux de l’université de Chicago, en empruntant à différents domaines : psychologie, anthropologie.

La société est conçue comme la résultante des multiples interactions entre les individus et non comme une entité supérieure aux individus qui la composent. Lorsqu’ils sont en interaction les individus attribuent une valeur symbolique à leur conduite et à leurs gestes.

Les fondements de l’interactionnisme symbolique sont :

  • Les humains se comportent envers les choses selon le sens qu’ils leur attribuent.
  • Ce sens résulte de l’interaction sociale que chaque individu a avec les autres.
  • Ces sens sont transformés lors d’un processus d’interprétation utilisé par l’individu pour interagir avec les choses.

Notre étude traite des interactions entre un individu avec les autres et avec son environnement et sur ses motivations. Elles s’appuient sur des observations personnelles et directes menées sur le terrain.

Le modèle d’acceptation technologique (TAM)

Le modèle d’acceptation technologique représente l’un des modèles explicatifs ayant le plus influencé les théories du comportement humain (Verkatesh, Morris, Davis, et Davis., 2003). Il prend racine dans la psychologie sociale et s’inspire du modèle de l’action raisonnée de Fishbein et Ajzen (1975). Le modèle d’acceptation technologique de Davis s’inspire des travaux Fishbein et Ajzen (1975) et a été spécifiquement élaboré dans le but premier d’identifier les déterminants jouant un rôle dans l’acceptation d’un système d’information, dans un second temps pour examiner une variété de comportements d’utilisation des technologies informatiques.

Le modèle d’acceptation technologique (figure 1), suggère que l’utilité perçue et la facilité d’utilisation perçue servent de base à l’acceptation de l’usage d’un système d’information. Dans notre communication, la perception de l’utilité représente jusqu’à quel point un individu croit que l’utilisation d’un outil technologique (réseaux sociaux) peut augmenter sa performance dans la tâche qu’il compte effectuer, et la facilité d’utilisation perçue traduit le degré auquel un utilisateur éventuel s’attend à ce que l’utilisation d’un réseau social demande un minimum d’effort. La facilité d’utilisation perçue aurait également un effet significatif direct sur l’attitude et ce à partir de deux mécanismes : l’efficacité personnelle et l’instrumentalité. C’est-à-dire que plus un outil technologique s’utilise facilement plus grands seront les sentiments d’efficacité et de contrôle personnel face à l’habileté de l’individu à l’utiliser. L’efficacité personnelle perçue est un des facteurs sous-jacent à la motivation intrinsèque (Bandura 1982). Davis, Bagozzi, et Warshaw (1989) expliquent que l’utilité perçue et la facilité d’utilisation perçue peuvent être affectées par des variables externes provenant de la technologie employée (la formation, la documentation disponible). Par conséquent, selon le TAM, plus une innovation est facile à l’utilisation et plus elle est perçue comme utile, plus les intentions et attitudes vis-à-vis de son utilisation seront positives et plus cette utilisation augmentera.

Après avoir vu le cadre théorique, dans lequel nous avons parlé de l’interactionnisme et du modèle d’acceptation technologique, nous allons passer à la présentation des hypothèses de notre étude.

Hypothèses

L’hypothèse principale de notre étude est que ‘les réseaux sociaux participent à la diffusion de l’information et à la motivation de l’étudiant’. Nos hypothèses secondaires sont respectivement : ‘l’utilisation pédagogique de Facebook et Whatsapp permet de motiver l’étudiant et le rendre autonome’ et ‘les réseaux sociaux facilitent la communication entre l’enseignant et l’apprenant’. Ainsi présenter, nous passons à la méthodologie.

Méthodologie

La recherche que nous allons effectuer dans le cadre de notre étude sera quantitative car, elle est basée sur des hypothèses que nous cherchons à vérifier en les testant sur le terrain. En fait, nous mesurons le degré de dépendance ou d’indépendance entre nos deux variables d’étude qui sont : l’usage pédagogique des réseaux sociaux en milieux universitaire (variable indépendante) et l’impact sur les interactions étudiants/enseignants (variable dépendante) à travers les informations recueillies à l’aide d’un questionnaire et d’une grille d’observation (cf.Annexe).

Champ d’étude

Toute étude quelle qu’elle soit, se doit d’être menée sur un territoire bien défini (une organisation, une entreprise, une société, une institution…). Il est important de circonscrire notre champ d’étude, ceci dans le but d’obéir non seulement à la déontologie de la recherche scientifique, mais aussi d’analyser profondément le problème posé par notre article. Pour notre enquête, nous avons retenu la faculté des sciences de l’éducation de l’université de Yaoundé I.

Population d’étude

Notre population statistique est constituée de 40 étudiants de niveau master, effectif de la spécialité administration de l’éducation.

Instrument de collecte des données

Par volonté de recueillir des données pour cette étude, nous avons utilisé comme instrument de collecte des données le questionnaire (cf. annexe).

L’enquête

Nous avons décidé d’administrer le questionnaire de manière directe selon que l’enquêté était disponible à répondre sur le champ.

Analyse des données et résultats

Les diagrammes ci-après nous présentent de façon synoptique l’utilité perçue des réseaux sociaux :

Figure 1  L’usage pédagogique de Whatsapp motiverait l'étudiant

Figure 1 L’usage pédagogique de Whatsapp motiverait l’étudiant

Dans l’histogramme de la figure 1, 25% d’étudiants interrogés sont plutôt en accord avec l’idée selon laquelle l’usage pédagogique de Whatsapp motiverait l’étudiant et 47,5% d’étudiants sont totalement en accord avec cette idée. Ces taux relativement élevés d’étudiants, pourraient s’expliquer par la facilité d’accès au réseau internet. Nous remarquons, à travers cet histogramme, que plusieurs étudiants sont utilisateurs de ce réseau social.

Figure 2 : L'usage pédagogique des réseaux sociaux améliorerait les rapports entre étudiants et enseignants

Figure 2 : L’usage pédagogique des réseaux sociaux améliorerait les rapports entre étudiants et enseignants

Au regard du diagramme de la figure 2, nous constatons que 40% d’étudiants sont plutôt en accord de ce que l’usage pédagogique des réseaux sociaux améliorerait les rapports entre étudiants et enseignants. Whatsapp apparaitrait donc comme le moyen de rapprocher les enseignants de leurs étudiants.

Figure 3  Une appropriation des réseaux sociaux par les enseignants pour diffuser des informations serait utile aux étudiants

Figure 3 Une appropriation des réseaux sociaux par les enseignants pour diffuser des informations serait utile aux étudiants

Pour l’idée de ‘’l’appropriation des réseaux sociaux par les enseignants pour diffuser les informations serait utile aux étudiants’’, 47,5% d’étudiants sont plutôt en accord (cf. figure 3). Ce qui nous permet de constater que si les informations concernant les unités d’enseignement, étaient diffusées, cela faciliterait les échanges entre étudiants et enseignants et aussi l’implication des étudiants dans la recherche.

Analyse et discussion

L’enquête, nous donne quelques indications sur le bien fondé des usages développés avec les réseaux sociaux. Depover et Strebelle soulignent que « l’effet d’un outil dépendra de la manière dont l’enseignant décidera de l’utiliser et donc des activités qu’il choisira de mettre en œuvre à partir de cet outil » (Depover & Strebelle, 1996).

Les étudiants utilisent internet pour chercher les ressources pédagogiques. C’est une initiative personnelle qui n’est pas encadrée par l’enseignant, c’est aussi un facteur de motivation chez l’étudiant qui pourrait développer des compétences techniques, de synthèse et d’analyse. Les résultats montrent que les étudiants sont plutôt d’accord pour l’usage pédagogique des réseaux sociaux ; ce qui leur permettraient de télécharger le cours et réaliser des activités qui demandent la collaboration et le partage tels que les travaux pratiques, la programmation et le projet de fin d’étude.  La communication via les réseaux sociaux entre les étudiants est très développée mais reste rare avec les enseignants. Dans ce sens, Whatsapp pourrait être exploré pour annuler la différence sociale : il donne la même chance à tous les étudiants de s’exprimer et de s’impliquer dans les discussions équitablement et activement grâce aux outils de communication asynchrones (Karsenti, 2007) car la massification entrave, aux yeux des enseignants, leur relation avec les étudiants, rendant impossible tout rapport personnalisé (Bigot, 2007 ; Lapeyronnie, Marie, 1992). En conséquence, la redéfinition des programmes, dans les formations dispensées dans la faculté, ignorent la diversité des approches pédagogiques centrées sur l’apprenant, ses compétences et sur l’interaction relationnelle entre les acteurs (enseignants et étudiants) que ces médias sociaux peuvent apporter. Les étudiants reconnaissent volontiers que l’usage d’une  plateforme favorise avant tout leur accès à l’information et facilite et accélère leurs apprentissages. Whatsapp  rend  plus aisée la communication avec l’enseignant et  entre  eux. Ils estiment que ces technologies augmentent leur intérêt pour le cours, favorisent les apprentissages en profondeur, les encouragent à consacrer plus de temps à leurs travaux.

Conclusion

La question  de  l’impact  des  technologies  numériques  sur  les  apprentissages est complexe parce que les liens entre technologies et pédagogies ne se laissent pas appréhender facilement. Les réseaux sociaux présentent un potentiel indéniable en tant qu’outils et supports pour l’enseignement et l’apprentissage, mais aussi comme cible même de la formation. Comme toute méthode d’enseignement, l’intégration pédagogique des réseaux sociaux comporte plusieurs avantages qui sont notamment : éduquer aux médias écrits et audiovisuels, développer l’esprit critique, entrainer à une écriture socialisée, favoriser la continuité pédagogique, inciter à l’autonomie et à la prise de confiance par les échanges entre pairs, entretenir la motivation, faciliter l’apprentissage grâce à un contenu ludique, éduquer à l’internet. En effet, pour atteindre et motiver les jeunes étudiants d’aujourd’hui, il y a nécessité d’actualiser et d’adapter les méthodes d’enseignement traditionnelles afin qu’elles touchent davantage ceux-ci. L’utilisation d’une nouvelle approche pédagogique en lien avec les intérêts des étudiants peut réellement représenter une source de motivation d’aller à l’école et de participer activement dans le cadre de l’apprentissage. Le monde virtuel est, en quelque sorte, la nouvelle réalité des jeunes de nos jours. Il ne faut donc pas fermer les yeux devant les nombreuses possibilités qu’offrent les technologies exploitées par ceux-ci. De plus, les étudiants seront plus ouverts à l’étude et aux apprentissages s’ils sentent que les méthodes d’enseignement dont se servent les enseignants les concernent directement. Il s’agirait ici de démontrer qu’un divertissement peut se transformer en une vraie méthode pédagogique. L’utilisation pédagogique des médias sociaux requiert cependant un arrimage avec les objectifs pédagogiques à développer et une bonne planification de leur intégration. Si les  technologies numériques peuvent être un catalyseur pour le développement de la pédagogie  dans l’enseignement supérieur, le passage de configurations expérimentales à une rénovation plus profonde des pratiques d’enseignement et d’apprentissage revient à relever d’autres défis (infrastructures, équipements, connexion internet haut débit au sein du campus).

Bibliographie

Alava, S., « Enjeux réels ou virtuels des technologies éducatives », cahiers pédagogiques, numéro spécial multimédia, n°362, 1998.

Bandura, A. (1982). «Self-efficacy mechanism in human agency ». American Psychologist, vol 37, 122-147.

Béziat, J., « Former aux TICE : entre compétences techniques et modèles pédagogiques », Revue Internationale des technologies en pédagogie universitaire, n°9 (1-2), 2012, p.53-62.

Bigot G., « La grande pitié des universités françaises », in P. Jourde, dir., Université : la grande illusion, Paris, L’Esprit des péninsules, 2007.

Camilleri, (2002), Autonomie de l’apprenant et rôle de l’enseignant, Edition du Conseil de l’Europe, p.41-47.

Coulon A., Paivandi S., Les relations entre les étudiants, les enseignants et le personnel non-enseignant dans les établissements supérieurs en France, Paris, Observatoire national de la vie étudiante, 2008.

Davis, F.O. (1989). « Perceived usefulness, perceived ease of use, and user acceptance of information technology ». MIS Quarterly, 13 (3), 319-340

Davis, F. O., Bargozzi, R.P., & Warshaw, P.R. (1989). User acceptance of computer technology: a comparison of two theoretical models. Management Science. 35,982-1003.

Depover, C., et Strebelle, A. (1996). Fondement d’un modèle d’intégration des activités liées aux nouvelles technologies de l’information dans les pratiques éducatives. Informatique et éducation : regards cognitifs, pédagogiques et sociaux, p. 9-20.

Ellis Robert A.et Goodyear Peter (2010). « Students Experience of E-learning in Higher Education: The Ecology of Sustainable Innovation«. Londres: Routledge Falmer.

Fishbein, M., & Ajzen, 1. (1975). «Belief attitude, intention and behaviour: an introduction to theory and research « . Reading, MA: Addison-Wesley

Jézégout, A., « Se former à distance : regard sur les stratégies d’autorégulation environnementale d’étudiants adultes», Savoir, n°24, 2010, p.79-99.

Karsenti, T. (2007). Conditions d’efficacité de l’intégration des TIC en pédagogie universitaire pour favoriser la persévérance et la réussite aux études, Rapports de recherche du CRIFPE. 124p.

Lapeyronnie D., Marie J.-L., Campus blues. Les étudiants face à leurs études, Paris, Seuil, 1992.

Martuccelli D., Décalages, Paris, PUF, 1995.

Paivandi, S., et Espinosa, G. (2013). Les TIC et la relation entre enseignants et étudiants à l’université, Distances et médiations des savoirs, 1(4).

Peraya, D. et Peltier, C. (2012). Une année d’immersion dans un dispositif de formation aux technologies : prise de conscience du potentiel éducatif des TICE, intentions d’action et changement de pratique, Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire (1-2).pp.111-135.

Poyet, F. et Drechsler, M. (2009). Impact des TIC dans l’enseignement : une alternative pour l’individualisation ? Dossier d’actualité de la VST, n°41.pp. 1-12.

Quoniam,  L.  (2010),  Introduction.  Du  web  2.0  au  concept  2.0,  Les  Cahiers  du  numérique, n°1, Vol. 6, p. 9-11

Annexes

Tableau d’opérationnalisation des variables

Thème à étudier
Hypothèses
Variables
Indicateurs
Usage pédagogique des réseaux sociaux en milieu universitaire et impact sur les interactions étudiants/enseignants
Hypothèse principale :
l’Utilisation des réseaux sociaux facilite les interactions entre étudiants et enseignants
Variable indépendante(VI) : usage pédagogique des réseaux sociaux
-les réseaux sociaux
-diffusion
-accès facile
-motivation
Variable dépendante(VD) : impact sur les interactions
-la communication aisée
– échanges bénéfiques
Hypothèse secondaire 1 :
les réseaux sociaux  rendent la documentation accessible
– Les publications dans les réseaux sociaux
– téléchargement facile
Hypothèse secondaire 2 :
 les médias sociaux permettent à l’étudiant d’être autonome
-sentiment d’efficacité
-motivation

Grille d’observation

NIVEAU : Master ;   LIEU : faculté des sciences de l’éducation/UY1

Observateur : Christelle ATOUBA

Critères d’observation
commentaires
Communication
-entre étudiants
-entre étudiants et enseignantes
-échanges faciles car utilisant les réseaux sociaux puisque facile d’accès
-inexistante sauf en situation d’enseignement ou via les délégués des étudiants
Pratiques enseignantes
Le cours est magistral, méthode active
Relations entre étudiants et enseignants
Rapport limité aux enseignements ce qui crée de la distance entre les enseignants et les étudiants. Ces derniers ont « peur » de se rapprocher d’eux pour une incompréhension, ou pour avoir des conseils.

Questionnaire

Nous menons une enquête sur ‘’l’usage pédagogique des réseaux sociaux en milieux universitaire et son impact sur les interactions étudiants/enseignants’’, vous voudriez bien, s’il vous plaît, contribuer à la réalisation de cette étude en cochant la case correspondante  de façon franche et précise.

Identification

Etes-vous étudiant de la FSE* ? : OUI               NON

Niveau master : OUI               NON

Communication
Totalement en désaccord
Plutôt en désaccord
Plutôt en accord
Totalement en accord
Les étudiants communiquent beaucoup avec les réseaux sociaux au sein du campus
       
Une appropriation des réseaux sociaux par les enseignants pour diffuser des informations serait utile aux étudiants
       
La facilité d’accès à l’information via whatsapp rendrait la communication aisée entre étudiants et enseignants
       
Utilité perçue de l’usage pédagogique des  réseaux sociaux
       
Accepter d’utiliser whatsapp pour s’informer et échanger des données rendrait l’étudiant autonome
       
L’utilisation pédagogique de whatsapp motiverait l’étudiant
       
L’étudiant serait autonome en utilisant ces nouvelles technologies
       
Cet usage augmenterait la performance des étudiants
       
Interaction étudiant/enseignant
       
Les rapports entre enseignant et étudiant seraient amélioré grâce à cet usage pédagogique
       
Ces échanges les rapprocheraient
       
Les réseaux sociaux permettraient à l’enseignant d’être à l’écoute des étudiants
       

 

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