UNE DÉFINITION DE PROFIL DES COMPÉTENCES DES ENSEIGNANTS DU TECHNIQUE – CYRIAQUE SEMBA A DEFINITION OF COMPETENCIES PROFILES FOR THE TECHNICAL EDUCATION TEACHERS IN GABON

UNE DÉFINITION DE PROFIL DES COMPÉTENCES DES ENSEIGNANTS DU TECHNIQUE CYRIAQUE SEMBA LIBREVILLE2005

UNE DÉFINITION DE PROFIL DES COMPÉTENCES DES ENSEIGNANTS DU TECHNIQUE CYRIAQUE SEMBA LIBREVILLE2005

A DEFINITION OF COMPETENCIES PROFILES FOR THE TECHNICAL EDUCATION TEACHERS IN GABON

Enseignant – ENSET – Libreville, Gabon

SUMMARY

Our country started reforms in the technical and vocational teaching in the 1990’s. These reform, which were decided in terms of several encounters and reflections, aims at giving some value to the training/employment balance. The three essential items retained for the promotion of this teaching order are: (1) The development of training materials and equipment guide of the new degrees (BEP, BT); (2) the equipping of schools according to the passing of new degrees; (3) the training of trainers and of the managerial staff (Inspectors, Pedagogical Advisors). We are interested in the training field, chiefly in the training of teachers. There is one question: Are we sure of undertaking efficient and effective reforms without a clear definition of competences expected from the in-coming teacher when he starts his profession? Given the disparity in places and of actors of teachers training, can a lack of competence profiles guarantee the success of the reforms? This modest thinking is an invitation to take stock of the needs that the programmes of teachers training have to seek to meet, taking into account the profile competences expected from future teachers at the end of their first training. The consequences would be a better exploitation of equipment and study programmes in the making, and a coherence between the actions of diverse parties committed in the training of teachers (primary training schools, the IPN managers in charge of continuing education/training). This colloquium is for us a discussion framework fro these questions. 

INTRODUCTION

Depuis les années 90, notre pays a amorcé une réforme de l’enseignement technique et professionnel. Décidée suite aux nombreuses critiques provenant des entreprises, et du diagnostic réalisé par le Ministère de tutelle, cette reforme vise l’adéquation formation/emploi. Les axes prioritaires retenus pour promouvoir cet ordre d’enseignement sont entre autres :

  • L’implantation des nouvelles filières et d’une nouvelle approche pédagogique,
  • L’amélioration des conditions et de moyens de formation (programmes et équipement des établissements),
  • La formation des

C’est ce dernier volet qui intéresse la présente intervention. Selon l’AIPF, « une formation initiale des enseignants pertinente et adaptée aux particularités de la formation technique et professionnelle, la disponibilité de ressources nécessaires à la mise à jour de leurs connaissances techniques, ainsi que la consolidation et le développement des habilités d’intervention pédagogique, constituent les conditions fondamentales pour la réussite de la mise en œuvre d’un programme d’étude ». En accord avec cette assertion, peut-on assurer une formation adaptée des enseignants du technique et professionnel si l’on n’a pas, au préalable, effectué un inventaire des activités de leur profession, et des capacités exigées pour y évoluer normalement ? D’autre part, vu la disparité des lieux et des acteurs de la formation des enseignants du technique et professionnel, une absence des profils de compétences n’amoindrirait-elle pas l’efficacité de cette réforme ?

Cette modeste réflexion est une invitation à préciser les besoins que les programmes de formation  des enseignants du technique et professionnel doivent chercher à satisfaire. Ainsi que les profils des compétences attendus des futurs enseignants au terme de leur formation initiale. Pour nous, le résultat de ladite définition des profils de compétences serait diversement utilisé :

  • pour une meilleure exploitation des programmes et équipements scolaires,
  • pour assurer une cohérence entre les actions des diverses parties prenantes à la formation des enseignants (établissements de formation initiale, les encadreurs pédagogiques de l’Institut Pédagogique National en charge de la formation continue…),
  • Comme base de discussion pour la mise en place du dispositif LMD dans la sous-région de la CEMAC,

Dans ce qui suit, nous présenterons d’abord le cadre de cette réflexion, puis nous parlerons des deux ordres de profils des compétences à définir avant de voir pourquoi ces profils de compétences sont définis et par qui ils devraient l’être.

CADRE DE RÉFÉRENCE

Il s’agit de critiques qui ont conduit le Ministère de l’Éducation Nationale, à diagnostiquer le système, et à mettre sur pied un comité ad hoc sur la réforme de l’enseignement technique et professionnel (CARETP). A l’issue de ce travail, les critiques des entreprises ont été confirmées. C’est suite à ce constat que les instances ce Ministère vont lancer la réforme de l’enseignement technique et professionnel en 1996, avec pour principaux axes:

  • l’implantation de nouvelles filières ;
  • l’amélioration des conditions et des moyens de formation (programmes et équipements des établissements) ;
  • la formation des formateurs, des inspecteurs et des conseillers pédagogiques. S’agissant en particulier de la formation des formateurs, ces assises ont relevé que :
  • les enseignants nationaux sont peu nombreux ;
  • leur qualification est insuffisante ;
  • la formations continue ne leur est pas assurée ;
  • leurs formations initiales sont « rigides ».

Dés lors, s’imposait le besoin de définir les profils des compétences des enseignements, intervenant dans chaque filière de l’Enseignement Technique et Professionnel (ETP). Car pour détecter les faiblesses des enseignants, en vue de leur donner une formation appropriée, il fallait se référer à des données scientifiquement incontestables. Comment définir le profil des compétences d’un enseignant de l’ETP ? Avant de répondre à cette interrogation, il convient de reconnaître que la formation et le recrutement des enseignants ne devraient pas se dérouler de la même manière en formation professionnelle et technique qu’en formation générale. L’obligation de maîtriser les compétences propres au métier enseigné devait être la condition de base pour l’engagement du personnel enseignant ; puis suivrait la maîtrise des habiletés pédagogiques.

Définition des profils de compétences

Les profils des compétences à définir seraient de deux ordres : technique et professionnel d’une part, pédagogique d’autre part.

  • Les profils de compétence d’ordre technique et professionnel

Le métier est défini par le travail exécuté, indépendamment du type d’entreprise dans laquelle évolue le travailleur. La description du métier par ses tâches permet de mieux isoler les connaissances qui sont liées aux techniques ou principes de base, et à celles plus spécialisées, requises pour l’exercice de certaines professions ou certaines tâches d’un métier. Lorsqu’on considère une filière donnée, l’analyse du travail associée à chacune des options de cette filière doit conduire à déterminer les compétences spécifiques et les compétences transversales de chaque option en particulier. C’est  ainsi que par exemple, selon le répertoire de la Direction de l’Enseignement Technique et Professionnel (DETP) au Gabon, la filière ‘’Métiers des systèmes motorisés’’ comportant huit options, devrait voir associées à chaque option les compétences spécifiques et transversales qui qualifient cette option. Il s’agit plus précisément de se demander, quelles sont les compétences spécifiques d’un professeur intervenant dans l’option ‘’équipement électrique’’ ; quelles sont pour la même option, les compétences transversales exigées à cet enseignement pour accomplir correctement son travail ? Ou encore quelles sont les connaissances à maîtriser et les habilités gestuelles que doit développer cet enseignant pour exécuter une tâche particulière dévolue à sa profession ? Les réponses aux questions ci-dessus devraient constituer des indicateurs, aux institutions de formation des enseignants, quant aux choix d’une démarche conduisant à une formation initiale adaptée et réussie. Entre autre choix on a :

  • une formation initiale polyvalente permettant la mobilité,
  • une formation polyvalente avec spécialisation restreinte,
  • Une formation purement spécialisée préparant à l’exercice immédiat de la

Nous suggérons que les institutions de formation chargées de l’enseignement technique et professionnel tiennent compte de ces préalables pour une bonne orientation de la formation des enseignants.

  • Le profil des compétences d’ordre pédagogique.

Reconnaissant avec Tardif que « l’enseignant est sans cesse confronté à la difficulté de choisir les activités, les démarches, les situations qui amèneront l’élève à apprendre et à réutiliser les connaissances acquises » ; il reste, dès lors, à cerner les connaissances ou savoirs et habilités à développer par un enseignant compétent. De manière basique, les compétences d’ordre pédagogiques d’un enseignant pourraient être :

  • la capacité à interpréter les objectifs d’un programme d’étude,
  • la capacité à utiliser les documents spécifiques (guide pédagogique, guide d’évaluation, guide d’organisation pédagogique et matérielle),
  • la capacité à planifier l’enseignement,
  • la capacité à préparer une leçon (théorique et pratique),
  • la capacité à enseigner une leçon préparée,
  • la capacité à appliquer les différents modes d’évaluation.

Utilité de la définition des profils des compétences

Après avoir, ainsi donné des indications pour une définition des profils des compétences la question qui suit est logiquement quelle est l’utilité d’un tel travail ? L’utilité de la définition des profils des compétences est avérée, elle se vérifie à plus d’un titre, notamment :

  • A l’élaboration des programmes de formation : Dès que l’ensemble des compétences professionnelles et pédagogiques idéalement requises, pour accomplir efficacement son travail sont identifiées, il devient aisé de déterminer les unités modulaires et leurs
  • A l’élaboration d’un cahier de charge pour la formation continue des enseignants : Avec la connaissance des profils des compétences pour chaque option, on peut facilement identifier les modules nécessaires à la mise à jour technologique ou pédagogique des connaissances d’un enseignant, ainsi que les besoins en ressources humaines et matérielles, nécessaires à sa formation
  • Au recrutement et à la sélection pertinente des enseignants : La définition des profils de compétences offre aussi à la DETP des renseignements utiles lors du recrutement des enseignements, et permet, malgré la diversité des acteurs et des lieux de formation, de classer les enseignants par option en vue d’améliorer la gestion de ses ressources

Aujourd’hui, nous rentrons dans ère des regroupements et mise en commun des expériences sous- régionales et particulièrement dans la zone CEMAC. En outre, il est de plus en plus question du dispositif LMD, dans la zone. La mise en place sous-régionale de ce système nécessite un cadre de discussions. Une définition des profils des compétences des enseignants offre à notre pays les moyens de mener ces discussions.

Qui doit définir les profils de compétences ?

La dernière question logique à se poser à ce point serait : qui doit définir les profils des compétences des enseignants du technique et professionnel ? Il serait prétentieux pour nous d’y répondre. Toute fois nous donnerions quelques indications, eu égard à la spécificité de la profession d’enseignant technique et professionnel. Il conviendrait en premier lieu de dire que le partenariat entre le Ministère de tutelle et les établissements d’enseignements supérieurs spécialisés dans la formation des enseignants constitue un atout majeur. Dans ce cadre, un dispositif peut-être mise en place pour élaborer les profils des compétences des enseignants à l’entrée de la profession. Mais aussi, en second lieu, ne devrait-on pas associer le milieu professionnel à ce travail; compte tenu des évolutions des métiers et / ou leurs pratiques, dans le secteur technique et professionnel ?

CONCLUSION

Disons, pour terminer que, d’une part, la formation et le perfectionnement des ressources humaines constituent des facteurs clés de réussite d’une réforme de l’enseignement professionnelle et technique, surtout dans l’approche par compétence et, d’autre part, la formation initiale des enseignants, la mise à jour des connaissances techniques ainsi que la consolidation et le développement des habilités pédagogiques constituent des étapes fondamentales pour la réussite d’un programme. Or, comme nous l’avons vu, au cours de cette intervention, l’analyse du travail, et par conséquent, la définition des profils de compétences devraient être à la base d’un programme des formations garantes de l’efficacité. Formations qui se doivent de préparer les enseignants à exercer leur métier avec compétence, tout en leur permettant de s’adapter aux nouvelles situations de travail ; qui se présenteront au cours de leur carrière. Aussi, osons-nous espérer, au moment où la reforme de l’enseignement technique et professionnel s’enracine et que l’ENSET amorce la révision de ses programmes de formation, que cette réflexion constitue une contribution.

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Assises de la Francophonie. L’ingénierie de la formation professionnelle et technique. 2002

Ministère de l’Éducation du Gouvernement du Québec, Canada. La formation à l’enseignement des mécanismes de concertation. 1992

Ministère de l’Éducation Nationale du Gabon. Propositions pour un plan de redressement de l’enseignement technique et professionnel. 1996.

Ministère du Plan et de l’Aménagement du Territoire du Cameroun. Répertoire des profils de formation professionnelle. 1990

Tardif Jacques. Pour un enseignement stratégique. Logique, 1997

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