Appel à communications pour le 6ème colloque International du RAIFFET “Éducation technologique, formation professionnelle et nouveaux rapports aux savoirs” à Koudougou au BURKINA FASO du 5 au 9 octobre 2020

6ème colloque International du RAIFFET Éducation technologique, formation professionnelle et nouveaux rapports aux savoirs Koudougou au BURKINA FASO du 5 au 9 octobre 2020

Préambule

Sous l’impulsion de l’ONU, au travers de l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment l’OMD n°2 sur le développement de l’éducation de base, et de l’Unesco, au travers des objectifs de l’éducation pour tous (EPT), des progrès majeurs ont été accomplis (amélioration de l’accès à l’éducation, accroissement des taux de scolarisation, en particulier pour les filles). En Afrique subsaharienne, entre 1990 et 2015[1], le taux net ajusté de scolarisation dans l’enseignement primaire est passé de 52 à 80% alors que la population en âge d’être scolarisée augmentait de 86%.

Toutefois des disparités importantes persistent entre les régions du monde et/ou au sein des pays eux-mêmes. Comme le montre une étude conduite entre 2006 et 2012, seulement trois élèves sur cinq achèvent le cycle de l’école primaire. La pauvreté, le genre, le lieu de résidence, la langue maternelle, l’origine ethnique, les handicaps…, constituent des facteurs importants de disparité de la scolarisation des enfants potentiellement scolarisables. En Afrique subsaharienne, seulement 23 % des filles pauvres et vivant en zone rurale terminent leur éducation primaire[2]. Sous l’effet souvent conjoint de ces facteurs, certains enfants ne sont pas encouragés à aller à l’école et, lorsqu’ils y vont, ne sont pas non plus encouragés à progresser et à persévérer dans leurs apprentissages.

[1] Rapport de 2015 Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unis : https://www.un.org/fr/millenniumgoals/reports/2015/pdf/rapport_2015.pdf

[2] Rapport de 2014 Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unis : https://www.un.org/fr/millenniumgoals/reports/2014/pdf/MDG_report2014_FR.pdf

Avec l’adoption en 2015 des nouveaux Objectifs mondiaux de Développement Durable (ODD) poursuit la dynamique engagée avec les OMD, notamment en matière d’éducation avec l’objectif 4 sur l’éducation qui vise à « Assurer à tous une éducation équitable, inclusive et de qualité et des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Cette ambition affichée dépasse le cadre de développement de l’éducation de base qui était assigné à l’OMD n°2 en s’inscrivant dans une portée plus large, plus globale et plus ambitieuse.

Il promeut l’ambition de « l’éducation de qualité », du préscolaire à l’université, incluant l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnelles (EFTP) et l’éducation non formelle. En ce sens, il constitue un élément pivot contribuant directement à la réalisation de l’ensemble des autres ODD. Les objectifs quantitatifs restent la priorité mais l’introduction de la qualité prônée par le Cadre d’action 2030 d’Inchéon invite l’ensemble des acteurs de l’éducation à recentrer leurs efforts sur la qualité de l’enseignement, de l’apprentissage et sur l’acquisition des compétences. Trois niveaux d’action sont alors envisagés :

  • Au niveau des politiques éducatives notamment par les réformes des curricula pour permettre l’acquisition de connaissances, de compétences, de valeurs et d’attitudes dont tous les enfants, les jeunes et les adultes ont ou auront besoin pour devenir des participants actifs de la transformation des sociétés dans lesquelles ils vivent ; 
  • Au niveau de l’apprentissage qui doit permettre la maîtrise des connaissances de base (lire, écrire, compter, raisonner) dans une perspective de poursuite d’études et/ou la construction d’un avenir socioprofessionnel ;
  • Au niveau de la formation des enseignants qui doit permettre à chaque enseignant d’exercer son métier dans les meilleures conditions et de développer ses savoirs et ses compétences professionnelles.

Ces trois niveaux d’action vont conjointement et organisent le rôle de l’École (qu’elle qu’en soit sa forme, son niveau, ses attentes…) en organisant les processus d’enseignement-apprentissage : une École n’existe que parce qu’une institution politique décide qu’une institution enseignante va transmettre des savoirs institués à des élèves. De fait, il y a conjonction d’un ensemble d’interactions qui institue le rapport au savoir des élèves dans le cadre scolaire, qui est un cadre particulier, différent du cadre familial ou du cadre social de proximité.

Dans leurs formes traditionnelles, les écoles organisées, structurées et développées par les pays européens (et plus largement les pays occidentaux) ont servi de modèles pour le développement de nombreux systèmes éducatifs, notamment dans les pays du Sud, et très souvent dans une organisation imposée par les politiques coloniales. Ces formes traditionnelles induisent des rapports au savoir verticaux – Le maître sait et enseigne aux élèves qui ne savent pas dans un rapport où le savoir fait autorité et où le maître impose cette autorité en le faisant sien.

De nombreux travaux de psychologues, de pédagogues, de sociologues, de didacticiens…, ont étudié ces formes de rapport au savoir ; ils ont remis en cause ces modes de transmission qui apparaissent inefficaces, voire même contre productifs. C’est par la formation des enseignants, en proposant des organisations curriculaires qui s’appuient sur le développement, notamment cognitif, des enfants et des adolescents et en mettant en avant des organisations pédagogiques favorisant ce développement que l’on fait évoluer profondément les organisations scolaires et leur efficacité en matière d’apprentissage des savoirs.

Sous l’influence de la généralisation des technologies numériques mais également en raison de la massification de l’accès à l’éducation et à l’accroissement des attentes sociales pour une École inclusive, bienveillante, porteuse des espoirs d’offrir des débouchés socio-professionnels, les modes d’accès aux savoirs évoluent et entraînent une modification importante des rapports au savoir dans le cadre des institutions scolaires. 

Par exemple, l’accès à des bases de données de plus en plus massives met à la portée de chacune et chacun des bases de connaissances quasiment illimitées et bien au-delà de ce que pouvait apporter les manuels scolaires, lorsqu’ils étaient disponibles dans les écoles. Autre exemple, le recours à des applications de simulation permet de faire entrer dans les salles de classes des dispositifs de travaux pratiques très sophistiqués qui sont largement inaccessibles dans leur version matérielle. On pourrait encore multiplier les exemples qui découlent de ces évolutions ; cet accès facile, cette disponibilité, cet accroissement des potentiels ne se traduit pas pour autant systématiquement par une modification des organisations pédagogiques et le modèle transmissif frontal reste encore largement privilégié. Ainsi, la confrontation entre une École de la tradition et une École du changement n’a jamais été aussi forte et les tensions qui en découlent invitent chacune et chacun à s’interroger sur les formes scolaires que doivent prendre nos organisations de transmission des savoirs.

C’est dans cette perspective de débattre de ce que ces nouveaux rapports au savoir produisent comme évolution de nos organisations scolaires, que ce soit au travers des politiques éducatives élaborées et mises en œuvre, de l’évolution des processus d’enseignement-apprentissage qui organisent les interactions élève, enseignant, savoir ou encore des organisations de formation des enseignants afin de préparer ces professionnels aux évolutions de leur métier.

Dans cette perspective il s’agira de débattre de ce que ces nouveaux rapports au savoir produisent comme évolution de nos organisations scolaires. Que ce soit au travers :

  1. des politiques éducatives élaborées et mises en œuvre, 
  2. de l’évolution des processus d’enseignement-apprentissage qui organisent les interactions élève, enseignant, savoir ou encore 
  3. des organisations de formation des enseignants afin de les préparer aux évolutions de leur métier. 

Thèmes du colloque

Ce sixième colloque sera l’occasion de confronter les points de vue sur cette question des nouveaux rapports aux savoirs qu’il s’agisse de regarder cette question au niveau de l’école de base dans le cadre de l’éducation pour tous (EPT), dans celui de l’éducation et la formation technologique et professionnelle (EFTP) ou dans celui de la formation des professionnels de l’enseignement. Il s’agit donc de nous interroger sur la manière dont les nouveaux rapports aux savoirs sont construits selon 3 axes : 

Axe 1 — Politiques éducatives et nouveaux rapports aux savoirs

Ce premier axe interroge l’impact des politiques éducatives sur les organisations scolaires et de formation, tout particulièrement dans les domaines de l’éducation scientifique, technologique et professionnelle. Dans ce thème, les propositions s’attacheront à présenter des expérimentations ou des travaux qui visent à apprécier, voire de mesurer les effets de telle ou telle décision politique sur la question de l’éducation pour tous, qu’il s’agisse de l’accès à la culture scientifique et technologique, de l’inclusion scolaire, d’une meilleure articulation formation-emploi ou encore de la formation des enseignants pour leur permettre de mettre en place un enseignement de qualité.

Axe 2 : Enseigner – apprendre et nouveaux rapports aux savoirs

Ce deuxième axe interroge les conditions d’organisation des situations d’enseignement susceptibles de favoriser l’appropriation de connaissances ou de compétences par les enfants, les adolescents ou les adultes. Dans ce thème, les propositions s’attacheront à présenter des expérimentations ou des travaux de recherches qui visent à caractériser l’efficacité du système didactique au travers de l’analyse de ce que l’enseignant enseigne et de ce que les élèves apprennent. Autrement dit, en quoi les organisations mises en œuvre par l’enseignant favorisent ou desservent les possibilités d’accès aux savoirs de chacune et chacun des individus qui composent la diversité des apprenants ? Cette question sera également l’occasion d’engager une réflexion sur le rôle de la formation initiale et continue des enseignants pour penser l’efficacité de ces organisations.

Axe 3 : Technologies de l’information et de la communication et nouveaux rapports aux savoirs

Ce troisième axe interroge le rôle des Technologies de l’Information et de la Communication dans le processus d’enseignement-apprentissage. La généralisation de l’usage du numérique induit de nouvelles formes de rapport aux savoirs des acteurs dont le choix et l’organisation vont être déterminants en matière d’efficacité des apprentissages. Dans cette perspective, analyser le rôle de ces outils qui instrumentent les activités des apprenants et des enseignants vise à comprendre et expliquer les effets de leur intégration dans le processus d’enseignement-apprentissage. Ce thème sera l’occasion de répondre à de nombreux questionnements en matière d’évolution pédagogique dans l’enseignement scientifique, technologique et professionnel. Il s’agira de s’intéresser à la fois à l’efficacité didactique, c’est-à-dire à ce que l’activité instrumentée permet aux formés (élèves, étudiants, stagiaires, …) d’apprendre et de développer comme compétences, et à la fois au renouvellement des pratiques des enseignants (et donc sur la formation initiale et continue).

Objectifs du Colloque

Ce colloque doit favoriser les échanges entre partenaires et surtout entre les participants. Il n’est pas le seul rendez-vous institutionnel mais il est l’occasion de développer des coopérations scientifiques, de promouvoir les pratiques innovantes et de contribuer à la professionnalisation des acteurs. Cette formation à et par la recherche en éducation participe de la professionnalisation de l’ensemble des partenaires du réseau. Il est l’occasion de diffuser des résultats des recherches conduites dans le domaine de l’éducation scientifique et technologique et de la formation professionnelle, d’échanger sur les innovations, vecteur du développement des sociétés, de favoriser la construction de futurs programmes communs et de soutenir la publication scientifique afin de valoriser les recherches conduites au-delà de nos réseaux locaux.

Par ailleurs, il vise à accompagner les doctorants et post-doctorants dans une démarche de communications et de publications scientifiques.

Calendrier et dépôt des communications

Communication complète de 15 000 caractères (espaces et ponctuations compris) hors bibliographie.

  1. Lancement appel à communications :  30 novembre 2019
  2. Limite de soumission des articles :  31 mars 2020
  3. Notification acceptation et demandes corrections :  30 avril 2020
  4. Dépôt des articles finis : 31 mai 2020

Pour en savoir plus :

https://raiffet.org/ressources-raiffet/2020-colloque-de-koudougou-au-burkina-faso/

Pré-inscription

Pour nous permettre de vous accompagner dans la recherche de financements pour votre participation au colloque et afin de faciliter la communication entre nous, nous vous demandons de vous préinscrire le plus rapidement possible, via la plateforme : 

https://raiffet2020.sciencesconf.org/ 

Dès votre pré inscription réalisée, nous vous ferons parvenir un courrier officiel du RAIFFET afin de vous permettre de solliciter votre institution d’appartenance (université, école, laboratoire, ONG, entreprise…) pour l’obtention du financement de votre participation au colloque.

Nous prendrons également contact avec la direction de votre institution pour soutenir votre demande.

Pour trouver le financement qui va vous permettre de participer au colloque pensez à solliciter et à monter des dossiers de demande d’aide auprès des grands organismes tels que l’AUF, …. .

Pour nous joindre : administrateur@raiffet.org

Prix du Jeune Chercheur RAIFFET 2020

Lors de chacun de ses colloques, le RAIFFET décerne le Prix du Jeune Chercheur. Ce prix vise à remarquer le travail d’un jeune chercheur engagé dans la recherche récemment.

Les critères retenus concernent la qualité de la production scientifique, l’originalité des travaux conduits, ainsi que l’intérêt et la portée sociale pour le développement de l’éducation, notamment en Afrique.

Peuvent candidater tous les doctorants ou jeunes docteurs (ayant soutenu leur thèse entre 2018 et 2020), sans aucune condition de nationalité, de langue de rédaction des travaux scientifiques ou de pays dans lequel les travaux ont été réalisés.

Pour pouvoir candidater, les personnes intéressées doivent déposer en plus de leur communication au colloque :

  •       Un Curriculum Vitae détaillé (quatre pages maximum, détaillant les activités d’enseignement, les activités de recherche et les responsabilités exercées)
  •       La liste des publications scientifiques produites par le candidat et distinguant les articles, les ouvrages et les chapitres d’ouvrages, les communications dans des colloques (en précisant si ces communications sont publiées ou non dans des actes). La liste sera fournie à la norme APA 6th.
  • Pour nous joindre : helene.armand@raiffet.org

Le Prix du Jeune Chercheur est remis aux lauréats lors de la soirée de Gala.

Hélène CHENEVAL-ARMAND, 

Présidente du conseil scientifique  

Maître de Conférences 

Aix Marseille Université 

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